Comme l'an dernier, nous avons profité des journées du patrimoine de ce week end pour aller nous culturer un peu. Programme évidemment différent de celui de l'an dernier, basé sur la Basse-Terre (riprizent !).
Le thème de cette année était "les grands hommes qui ont fait l'histoire". Et effectivement, notre première visite (samedi matin) s'est déroulée là où un des Guadeloupéens les plus connus a passé son enfance. Je veux parler d'Alexis Leger, plus connu sous le nom de Saint-John Perse, Prix Nobel de Littérature en 1960. Nous avons visité l'Habitation Bois-Debout, située à Capesterre-Belle-Eau, où le poète venait passer ses vacances enfant. La famille possédait un appartement à Pointe-à-Pitre (rue Achille René-Boisneuf), et deux propriétés de campagne, Bois-Debout, et La Joséphine, située à Matouba, sur les hauteurs de Saint-Claude. La visite a été effectuée par une descendante de la famille. Pas de visite de la maison cela dit...
La façade avant de la maison.
Le terrain avec la vue sur l'océan.
La façade arrière, ainsi qu'une statue de la Vierge.
Toujours à l'arrière, un tombeau (les propriétaires ne savent pas qui s'y trouve...) ainsi que le système d'adduction d'eau qui fonctionne toujours.
Pour finir, les ruines de l'ancienne distillerie, qui a succombé au cyclone de 1928, ainsi que le viaduc qui lui était lié.
Lors de la visite, nous avons eu droit à différents souvenirs et anecdotes, lectures de lettre, histoire de l'Habitation...
Après une pause repas à la marina de Rivière Sens, et un passage par Cora pour acheter des éponges et un magazine, et profiter de la clim du rayon des produits frais, nous voilà repartis pour la deuxième étape de la journée : la résidence préfectorale du Camp Jacob à Saint-Claude (sur la route qui mène à la Soufrière, au-dessus de l'Université).
La visite était assurée cette fois-ci par une employée de la DRAC. Cette résidence fut d'abord le domicile du Colonel dirigeant le Camp Jacob (ancien camp militaire, dont les murs sont maintenant occupés par l'Université). Puis, c'est devenu le logement secondaire du Gouverneur, et enfin, lors de la départementalisation de 1946, le logement principal du Préfet. Lequel ne nous a pas fait l'honneur de nous recevoir ce jour-là...
Voici quelques photos de l'arrière, puis de l'avant de la résidence. Un bon coup de peinture serait le bienvenu.
Quelques photos de l'intérieur. On pouvait même voir le lecteur de DVD du préfet, son téléphone, et sa boîte de Monte Cristo.
Ces différentes photos ne montrent que les salons. L'étage supérieur, plus privé, n'était pas ouvert à la visite comme le montre ce très bel escalier en fer forgé, situé sur ce porche fort agréable.
Pour finir ce week end culturel, le dimanche matin nous sommes allés visiter l'Habitation Thomas, ancienne habitation caféière située sur les hauteurs de Bouillante, et totalement rénovée par les nouveaux propriétaires depuis 2007. En fait, je connaissais un peu l'ancien propriétaire. Le site est enchanteur, et la maison magnifique. Pardonnez la forte luminosité sur certaines photos, mais il n'est pas facile de jongler avec le soleil puissant des Caraïbes et la présence des visiteurs... qui plus est avec un appareil assez ancien.
La maison est entièrement autonome en eau (citerne de collecte de l'eau de pluie) et en électricité (panneaux solaires). Et il y a même l'ADSL ! Les eaux usées sont aussi traitées convenablement, ce qui n'est pas toujours le cas en Guadeloupe, même dans les zones plus urbaines, plus "civilisées"...
A peine revenus en Guadeloupe, le comité d'accueil ne s'est pas fait attendre ! Pas de planteur à volonté cela dit...
N.B. "TD" veut dire "tropical depression", une dépression tropicale qui peut donc évoluer et se renforcer en cyclone et ainsi acquérir son nom de baptême.
Certains d’entre vous l’ont probablement appris, notre préretraité national Thierry Henry a signé un contrat avec le club de football de New York, les New York Red Bulls (ex Metro Stars), comme Djorkaeff il y a quelques années, ou encore David Beckham aux Los Angeles Galaxy. Profitant de quelques semaines de vacances dans ma « résidence secondaire » de Manhattan, j’ai pu voir que notre compatriote guadeloupéen faisait les gros titres dans le domaine du sport. C’est devenu LA grosse attraction du club de foot (pas de la ville, tout de même, le foot restant encore assez confidentiel). Hier soir, je suis donc allé voir son premier match officiel dans la Red Bull Arena (le stade est situé à Harrison, dans l’état du New Jersey, de l’autre côté de la rivière Hudson). Il s’agit d’un petit tournoi amical entre quatre équipes : les Red Bulls donc, Tottenham, le Sporting Lisbonne et Manchester City. Le premier match opposait l’équipe new yorkaise aux Spurs de Tottenham. Henry était donc la star de cet événement, des maillots floqués à son nom étant vendus un peu partout dans l’enceinte du stade. Il a eu droit à de belles ovations lors de l’échauffement, de la présentation des joueurs des deux équipes, et à peu près à chaque fois qu’il touchait le ballon. Il nous a d’ailleurs régalés de quelques beaux gestes techniques : déviations, talonnades, ailes de pigeon… et… son tout premier but sous ses nouvelles couleurs à la 25ème minute ! Il n’aura joué que la première mi-temps, et Tottenham l’emportera finalement 2 buts à 1. A noter qu’à côté de ces ovations, il aura aussi été hué : il y avait en effet bon nombre de supporters de Tottenham dans le stade, et ces derniers n’aiment pas trop les joueurs ou anciens joueurs du club rival et ennemi d’Arsenal…
Voici quelques photos du stade et de la rencontre, ainsi qu'une vidéo de son but.
Petit coup de gueule suite à un accident survenu il y a quelques jours. En effet, l'immeuble Sarkis où se trouve la librairie Saint-John Perse à Pointe-à-Pitre a presque entièrement brûlé suite à un incendie. Ce dernier serait dû à un court-circuit électrique.
Il faut savoir que de nombreuses communes de Guadeloupe (PAP, mais aussi Basse-Terre, Capesterre ou Le Moule) possèdent de vieux bâtiments en bois, très jolis, mais absolument abandonnés, sauf par quelques squatteurs... Le problème de l'indivision empêche en effet toute solution de vente ou de restauration desdits bâtiments, et les municipalités sont impuissantes. Enfin, les branchements électriques sont vétustes. Au-delà du fait qu'un incendie peut faire des victimes, c'est toute une partie du patrimoine architectural local (et on n'a déjà pas grand chose) qui part en fumée régulièrement.
Il serait peut-être temps de faire quelque chose pour ces cases urbaines, véritable mémoire de la Guadeloupe d'antan...
Et puis tant que j'y suis, il faudrait aussi arrêter la faim dans le monde.
Sous ce titre alléchant se cache le nom d'une nouvelle bande-dessinée (enfin, publiée fin 2009, mais parfois, je retarde un peu...) qui m'a été présentée par Elisa, la grande prêtresse ès bandes-dessinées....
Le tome 1 ("L'orphelin de Cocoyer Grands-Bois") nous présente donc le début de ce qui se veut être une saga. Il s'agit de l'histoire d'un orphelin qui, à la mort de ses parents tués par un puissant monstre, est recueilli par un fossoyeur. Celui-ci est aussi un gardien et un guerrier. En effet, le monde devient de plus en plus chaotique, l'ordre tend à disparaître, et des failles se créent entre le monde des aveuglés (le monde réel, des vivants) et le monde de la merveille (l'au-delà), laissant surgir son lot de monstres créoles ou pas qu'il faut gentiment (ou pas) prier de rentrer chez eux. Le fossoyeur se révèle donc comme un mentor pour l'orphelin qui, lui, laisse évidemment présager de grandes qualités de clairvoyance...
Vous l'aurez compris, il s'agit d'une BD fantastique qui mêle horreur gothique et monde imaginaire créole. La base du scénario n'a rien de très original (un jeune orphelin initié par un vieux guerrier/sorcier se révèle très doué ; les monstres de l'au-delà envahissent notre monde et il faut les renvoyer), le pitch ressemblant à celui d'un Dellamorte Dellamore créole. Ce qui fait véritablement la qualité de cette BD, c'est bien sûr le dessin imparable de Thierry Ségur, comme ses magnifiques couleurs, mais aussi l'univers antillais, les références de Patrick Chamoiseau et sa langue. Le découpage des cases est par ailleurs très dynamique et particulièrement lisible.
Voici une vidéo bien tripante : l'apnéiste français Guillaume Néry effectue un base jump dans le fameux Dean's blue hole des Bahamas... N'hésitez pas à cliquer sur les quatre flèches divergentes et centrifuges en bas à droite de la fenêtre pour le voir en plein écran.
En mai et juin, c'est la saison de floraison des flamboyants. En ce moment, la Côte-sous-le-vent (en particulier, car les flamboyants fleurissent mieux sous des climats plus secs) se pare de couleurs de feu. Voici des photos d'un flamboyant que j'aime beaucoup, situé à l'Anse à la barque, à Vieux-Habitants.
Allez, pour la première fois et en exclusivité sur ce blog, des photos de moi sous l'eau. Hier, lors d'une plongée à Bouillante, un pote de palanquée m'a pris en photo. Il me les a prestement envoyées hier soir. La visibilité n'était pas extraordinaire (enfin, je me comprends), mais elles donnent bien.
En fin de semaine dernière, je suis allé passer quatre jours à la Désirade afin de me reposer. Finalement, depuis le temps que je le voulais, j'ai pu me rendre sur cette île, dépendance de la Guadeloupe au même titre que les Saintes ou Marie-Galante (code postal, 97127). Je rappelle donc que la Guadeloupe est un archipel composé de six îles habitées (la Martinique n'est composée que d'une seule île). Je n'y étais encore jamais allé et ce, pour plusieurs raisons : il faut conduire jusqu'à Saint-François pour prendre le bateau (1h30 de route depuis chez moi...), et la traversée de 45 minutes est réputée pour être très mouvementée !
La Désirade se trouve à l'est de la Grande-Terre. D'un point de vue géographique, l'île est très particulière. Il s'agit, grosso modo, d'un plateau calcaire de 11 km de long sur 2 de large s'étalant d'est en ouest avec une plaine littorale où se concentrent les habitations au sud, et des falaises abruptes au nord. Il y a une seule route traversant les quatre sections (d'ouest en est : les Galets, Beauséjour, le Souffleur et Baie-Mahault (oui, comme sur la Basse-Terre !)) et une piste sur le plateau, seulement praticable en 4x4 (moi, j'avais une 106 bringuebalante.... c'est costaud les 106... ça peut aller partout...). Les habitants se chiffrent à 1700 environ. Bref, on ne se marche pas dessus, il n'y a pas beaucoup de touristes, et l'île est très tranquille et reposante.
Historiquement, l'île fut découverte par Colomb (encore lui !) en novembre 1493, juste avant d'arriver en Guadeloupe proprement dite, lors de son deuxième voyage. Il lui a donné le nom de Deseada car c'est la première terre abordée par son équipage, terre tant désirée. L'implantation humaine fut tardive (enfin, européenne, car il y avait des Caraïbes qui, encore une fois, n'avaient rien demandé à personne -comme les Arawaks, massacrés par les Caraïbes, n'avaient rien demandé à personne eux non plus... enfin bref). Ce n'est que vers 1728 que nous avons la première attestation de peuplement européen : les Français (encore eux !) s'installent et commencent à développer la culture du coton. Vu la sécheresse de l'île, les plantations agricoles n'ont jamais vraiment dépassé le stade de l'économie de subsistance. L'élevage a lui aussi débuté à cette période.
L'île a aussi servi de terre de relégation pour deux catégories de personnes : 1) Les lépreux des Antilles ; il y a encore quelques ruines de l'ancienne léproserie dans la section de Baie-Mahault, ouverte en 1728 et fermée en... 1954 ! 2) Les jeunes gens exilés de métropole car "tombés dans des cas de dérangement de conduite capables d'exposer l'honneur et la tranquillité des familles" !
La population s'est donc composée d'esclaves noirs et de blancs (principalement des commerçants, petits propriétaires et marins). Le métissage a été tardif.
Le voyage en bateau s'est bien passé : la météo marine de la veille annonçait une mer calme, et en partant de chez moi, j'ai jeté un œil au canal des Saintes qui était effectivement calme.
J'avais loué un gîte dans la section du Souffleur, car c'est là que se situe la plus belle plage de l'île, la plage du Souffleur. Voici une photo de mon gîte et de la vue dont je disposais depuis la terrasse.
Il n'y a donc pas grand chose à voir ni à faire... Je suis tout d'abord allé faire un tour sur la fameuse plage du Souffleur, magnifique et presque déserte.
Je suis allé ensuite sur les hauteurs, voir la chapelle Notre-Dame-du-Calvaire et profiter du point de vue sur la côte, la caye et le lagon.
Puis, un petit tour dans le bourg de Beauséjour, notamment de la place principale : la place du maire mendiant (référence au maire de 1928 qui a fait tout ce qu'il a pu pour rassembler des fonds afin de reconstruire l'île après le cyclone de la même année). Voici quelques photos, avec l'église et la maquette de bateau qui est sortie tous les ans pour la fête patronale du 16 août et promenée dans la ville.
Tout à côté de l'embarcadère de Beauséjour, se trouve la plage de l'Anse à Fifi, elle aussi magnifique et elle aussi déserte.
A la sortie du bourg, en allant vers l'ouest et la section des Galets, se trouve un intéressant cimetière marin, avec des tombes très humbles, décorées par des conques de lambis.
Après la section des Galets, se trouve l'extrémité ouest de l'île, la Pointe des Colibris. S'y trouve une croix faisant écho à celle de la Pointe des Châteaux en Guadeloupe, que l'on peut voir de ce point.
Ci-dessous, la Désirade vue depuis la Pointe des Colibris. On voit bien ce plateau qui tombe soudainement...
Partons à présent à l'extrémité est de l'île ! Eh oui, la géographie longitudinale est très particulière... Passée la section de Baie-Mahault (où se trouvent quelques ruines de l'ancienne léproserie ne présentant aucun intérêt pictural), on arrive dans la rase campagne. Rase à plus d'un titre : il n'y rien, pas d'habitation, et la végétation est plus que rase, soumise à la force de l'alizé et des embruns de l'Atlantique... De l'autre côté de l'Océan, l'Afrique... Seuls quelques cabris tondent une maigre pelouse qui, tout comme les Arawaks et les Caraïbes, n'a rien demandé à personne !
On peut tout de même voir trois monuments notables : une ancienne cotonnerie, un phare abandonné (pour l'anecdote croustillante, dans la maison jouxtant le phare -certainement l'ancienne maison du gardien- j'ai trouvé un cadavre de cabri tout frais ! hum...) et une station météorologique abandonnée (sans cadavre de météorologue). Ci-dessous, respectivement dans l'ordre sus-dit.
Pour finir, j'ai tenté l'aventure sur la route (enfin, la piste) du plateau de la montagne, parallèle à la route côtière. Comme je l'ai précisé précédemment, il vaut mieux avoir un 4x4 (a good SUV, man !). Mais Peugeot est décidément un excellent constructeur, car ma 106 de location a fait des merveilles. Bon, apparemment, j'ai fait la piste dans le bon sens (d'est en ouest), car dans l'autre sens, d'après ce que j'ai pu en juger, ça avait l'air moins jouable... La prochaine fois, je serai moins pingre, je mettrai ces 15€/jour en plus pour un 4x4, ok, ok... En tout cas, c'était assez "yee-ha" comme expérience. La route traverse donc la campagne sans réel point de vue. Elle passe à proximité des champs d'éoliennes (il y a plusieurs champs d'éoliennes sur le plateau, fournissant une bonne part de l'électricité de l'île -si ce n'est pas la totalité). De ce périple en brousse, j'ai ramené deux films, documentaires exceptionnels. Le premier montre la côte de la Désirade depuis le point de vue du champ d'éoliennes du Souffleur, le second montre ces dites éoliennes, moins impressionnantes qu'en réalité, il est vrai. Enjoy.