01 avril 2010
Y'a bon !
Traduction dans la langue de Paul Verlaine :
"La Guadeloupe, territoire français d'outre-mer, fait partie des Antilles françaises et ressemble à un grand papillon dont les ailes, Grande Terre et Basse Terre, sont divisées par un bras de mer aux plages candides et immaculées. Ici aussi, l'un des premiers à passer fut l'omniprésent Christophe Colomb, qui, ayant débarqué sur la côte méridionale de Basse Terre, baptisa la plage Santa Maria et l'île Santa Maria de Guadeloupe de Estremadura, ce qui, par la suite, fut abrégé, de manière beaucoup plus pratique, en Guadeloupe.
Les Espagnols d'abord, les Français ensuite amenèrent ici les usages qui sont typiques des colonies : le premier usage, la culture de la canne à sucre amena le bien-être, l'autre, l'esclavage, donna lieu à des dissensions et à une longue discorde à laquelle mit fin le patriote français Victor Hugues. Aujourd'hui, la Guadeloupe est encore territoire français, administré par un Gouverneur nommé par le ministre de l'Intérieur à Paris. Il s'agit d'une terre extraordinairement harmonieuse où la joie de vivre et la sérénité dominent toute la culture et la philosophie des habitants.
[...]
La culture du 21ème siècle, avec sa vitesse et son économie du " prêt-à-jeter " n'a fait qu'effleurer ce coin de paradis qu'elle n'a contaminé d'aucune manière : dans beaucoup de villages de l'intérieur, bien que les maisons soient équipées de la télévision par satellite, on ne connaît pas l'utilisation de l'argent : la formule la plus utilisée pour les achats et les ventes est encore aujourd'hui le troc.
La culture française même, qui est cependant forte de centaines d'années d'éducation et même de domination ne semble avoir que peu entamé une philosophie placée sous le signe de la tranquillité de vivre de ces gens dont une des devises favorites est "éviter est plus facile qu'affronter". Ici, si le tourisme a fait souche, il n'a pas vraiment bouleversé l'économie qui est encore essentiellement agricole. "
Texte original dans la langue de Marco Materazzi :
"Guadalupa, territorio francese d'oltremare, fa parte delle Antille francesi, e sembra una grande farfalla, le cui ali, Grande Terre e Basse Terre, sono divise da un braccio di mare dalle spiagge candide ed incontaminate. Anche di qui uno dei primi a passare fu l'onnipresente Cristoforo Colombo che, sbarcato sulla costa meridionale delle Basse Terre, battezzò la spiaggia Santa Maria e l'isola Santa Maria de Guadeloupe de Estremadura, successivamente e più praticamente abbreviato in Guadalupa. Prima gli spagnoli, e poi i francesi, importarono qui due usanze tipiche delle colonie: una la coltivazione della canna da zucchero, che portò il benessere, l'altra, la schiavitù, che portò, invece, attriti e una lunga discordia poi risolta dal patriota francese Victor Hugues.
Oggi Guadalupa è ancora territorio francese, amministrata da un Governatore nominato dal Ministero degli Interni di Parigi. Si tratta di una terra straordinariamente armonica, dove la gioia di vivere e la serenità dominano la cultura e la filosofia dei suoi abitanti. Se Grande Terre è la parte più dinamica e più viva, con il mercato di Pointe à Pitre e le sue stradine che si sperdono in pittoreschi villaggi e distese di campi di canna da zucchero, nelle Basse Terre si trova, invece, uno dei rari parchi nazionali di tutti i Caraibi con i suoi fiumi, le foreste, e il grande vulcano della Soufrière (1467 metri) che domina il massiccio più elevato dell'arcipelago.
La cultura del XXI secolo, con la sua velocità e la sua economia "usa-e-getta", ha soltanto sfiorato questo angolo di paradiso senza contaminarlo nel modo più assoluto: in molti villaggi interni, nonostante vedano la tv via satellite, non si conosce l'utilizzo dei soldi: la formula di compravendita più utilizzata è ancora oggi il baratto. Anche la cultura francese, che pure è forte di centinaia di anni di educazione e anche di dominazione, non sembra aver scalfito il benessere all'insegna del quieto vivere di questa gente uno dei cui detti preferiti è "scansare è più agevole che affrontare". Qui il turismo ha attecchito, ma non ha stravolto l'economia che è sostanzialmente ancora agricola. Guadalupa annovera tutto il repertorio naturalistico che rende inconfondibile la natura dei Caraibi, e, dunque, la foresta pluviale e il vulcano sono i suoi simboli più famosi nel mondo: le piscine naturali del parco della Soufrière sono autentici capolavori della natura con getti di vapore e di fumo improvvisi che realizzano una coreografia davvero straordinaria. I motivi d'interesse di queste isole sono moltissimi: dal Museo dedicato al poeta locale, St. John Perse (premio Nobel nel 1960), al Museo Schoelcher, l'abolizionista che sconfisse definitivamente la schiavitù o il villaggio di Gosier, centro turistico tra i più dinamici delle Piccole Antille."
21 mars 2010
Chat vs Iguane
21 février 2010
Carnaval à Basse-Terre
Etant donné que j'avais oublié mon appareil photo, les photos ne sont pas de moi. Elles m'ont été gracieusement prêtées par le site Zoom Guadeloupe, que je vous conseille par ailleurs de visiter tantôt. Encore merci à son webmestre.
Fidèle à la tradition, le groupe Voukoum de Basse-Terre défile en premier. Toujours aussi impressionnant, j'adore !
Voici ensuite le groupe Karmelo (du quartier du Carmel à Basse-Terre).
Le jeune groupe Akwarel de Baillif.
Brazil Kreol, groupe brésilien.
Magma de Basse-Terre.
Le groupe Pikan et ses fruits locaux, de Vieux-Habitants.
Lyannaj Carnaval de Deshaies.
Couronne Verte de Pointe-Noire.
Kalson All Stars de Basse-Terre.
Waka Chiré Band de Sainte-Rose.
Vidim de Gourbeyre.
Un de mes groupes préférés, Double Face de Pointe-à-Pitre : une musique énergique, une choré d'enfer, des costumes chatoyants... et un danseur hors-pair !
Pikanga de Baie-Mahault.
Guimbo All Stars de Pointe-à-Pitre.
Et enfin, Volcan de Basse-Terre.
Evidemment, il y avait bien d'autres groupes lors de cette parade dans le chef-lieu. Une autre parade avait aussi lieu au Moule (en gros, il y a plusieurs fédérations du Carnaval en Guadeloupe, ce qui ne simplifie pas les choses...), et donc d'autres groupes y étaient présents (dont mon préféré, Mass Moul Massif, que je n'aurais pas vu cette année dans les trois parades auxquelles j'ai assisté... snif...).
14 février 2010
Patouti
13 février 2010
Le coupable en images !
12 février 2010
Demain dès l'aube...
Les bananiers ont pris un coup de vieux.
La Soufrière de Montserrat
11 février 2010
Encore Montserrat !

27 janvier 2010
25 janvier 2010
Confiant se lâche !
Jamais à Cuba (communiste), ni à Barbade (capitaliste), ni à Saint-Domingue (social-démocrate), on ne verrait le pays bloqué durant plus d’un mois à cause d’une grève générale.
JAMAIS!
Au bout d’une semaine, les forces de police ou l’armée débloqueraient les routes, rouvriraient les commerces et entreprises, rétablirait la libre circulation des personnes et des marchandises. Il n’y a que dans ces colonies de consommation que sont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane qu’une telle chose est possible. Dans ces OVNI politiques, le Papa Blanc autorise ses chers enfants nègres à brailler, défiler, réclamer, exiger autant qu’ils le veulent. De toute façon, personne ne mourra de faim! Il les autorise même à proclamer que «le pays leur appartient désormais» et que le temps de la «profitation» est fini et bla-bla-bla…
Le Papa Blanc se marre. Ses enfants nègres ne sont pas sérieux. Ils ne croient pas un mot à ce qu’ils disent. D’ailleurs, pourquoi ont-ils «déboulé» en février, mois du carnaval, et pas en octobre ou en novembre? La preuve: quand on leur organise une consultation pour savoir s’ils seraient prêts à entamer un tout petit début de commencement d’autonomie, ils battent aussitôt en retraite comme des «crabes-c’est-ma-faute». Oublié le «Péyi-a sé ta nou!»! Aux orties les rodomontades du genre «Jou nou ké ajounou pòkò wè jou»!
Tout le monde aux abris!
73% de «NON» en Guyane et 80% en Martinique. Donc si l’on comprend bien, les mêmes qui ont défilé et braillé en février pour faire plier l’État «colonialiste» votent aujourd’hui comme un seul homme pour rester à jamais enlacés dans les bras de ce même état colonialiste. Français jusqu’ad vitam aeternam, voilà ce qu’ils veulent être et rester!
À ces gens, je dis: allez vous faire foutre! À ce peuple, je dis qu’il n’est qu’une sous-merde, un ramassis d’aliénés, d’alimentaires et de lâches. Une tâche sur la carte du monde, une salissure. Un étron.
Je comprends pourquoi vous ne voulez ni de l’autonomie et encore moins de l’indépendance. Dans un Martinique libre, comme à Cuba, à Barbade ou à Saint-Domingue, jamais vous n’auriez été autorisés à foutre la merde et à bloquer tout le pays pendant plus d’un mois.
Vous avez raison: restez français jusqu’à la fin des temps et continuez à brailler et à manifester régulièrement pour que le Papa Blanc vous accorde 200 euros d’augmentation de salaire et n’augmente pas le prix de l’essence, même si le cours du brut augmente sur le marché mondial.
Adieu (ou plutôt «Au Diable!»)…
Raphaël Confiant
16 janvier 2010
12 janvier 2010
09 janvier 2010
08 janvier 2010
Dé mil dis
Comment rester positif en ce début d'année, malgré les mauvaises nouvelles dans le péyi ? Le LKP s'apprête à lancer une nouvelle OPA hostile sur le péyi Gwadloup (wait and see, on a rempli le frigo...), et les bateaux de croisière n'accostent plus à Basse-Terre. Avant, seul le Wind Surf (bateau de la compagnie de croisière de luxe Wind Star) venait une demi-journée un vendredi sur deux, avant de partir à Terre-de-Haut pour l'après-midi. Mais le constat est là (M. et moi nous sommes bien renseignés au débarcadère de croisière de Basse-Terre) : à l'arrivée de ces touristes de luxe, pas un seul commerçant pour les accueillir, un office du tourisme en ruine, pas un minibus ou quoi que ce soit proposant des tours sur la Basse-Terre... seulement quelques personnes bénévoles pour faire l'accueil... Question des passagers Nord-Américains à la descente du bateau : "Bonjour. Qu'est-ce qu'il y a à voir en Guadeloupe ? Les membres d'équipage du bateau nous ont dit qu'il n'y avait rien à faire..." (sic). No comment...
Donc, voilà, la capitale de la plus grande île des Petites Antilles (et certainement celle dont les paysages et les activités sont les plus variés) n'a plus de bateau de croisière. Heureusement, je peux encore les voir de temps en temps de ma terrasse, dans le canal des Saintes, allant vers des destinations accueillantes : les Saintes, la Dominique, Sainte-Lucie...
Pour achever ce premier post de la nouvelle décennie (on se motive comme on peut), deux conseils lecture (aaaahhh !). Haïti possède définitivement une grande littérature. Je viens de finir L'Enigme du retour, de Dany Laferrière. Très bon livre introspectif dans lequel l'auteur raconte son retour éternellement repoussé vers son Haïti natale, après plus de 20 ans d'exil à Montréal, suite au décès de son père. Les anecdotes de voyage se succèdent plaisamment dans cette sorte de carnet de voyage, sorte de Cahier d'un retour au pays natal écrit au jour le jour, dans un style simple et moderne.
Le Briseur de rosée, d'Edwidge Danticat (dont j'ai déjà parlé), est une traduction. L'Haïtienne écrit en effet en anglais. Elle raconte dans son ouvrage comment les anciens bourreaux tontons-macoutes doivent cohabiter avec leurs anciennes victimes. Ce thème passionnant du revivre ensemble entre bourreaux et victimes est particulièrement bien traité à travers une narration-puzzle qui s'assemble au fur et à mesure.
18 décembre 2009
Compère Général Soleil
Lisant à un rythme effréné récemment, voici encore un post à propos d'une lecture (et le prochain livre est presque fini...).Bon, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu de vrai chef-d'oeuvre, de vrai livre indispensable si l'on ne veut pas mourir idiot, de vrai "must read" comme on dit outre mer des Sargasses. En voici un : Compère Général Soleil de Jacques Stephen Alexis, auteur haïtien descendant de Jean-Jacques Dessalines (premier président, puis empereur auto-proclamé, d'Haïti). Ce roman date de 1955, période de dictature en Haïti (celle de François Duvalier, dit "Papa Doc"). Voici ce qu'en dit Dany Laferrière dans L'Enigme du retour (que je suis en train de lire) : "Pour moi Compère Général Soleil de Jacques Stephen Alexis est un des plus beaux romans de la littérature haïtienne".
L'histoire se passe dans les années 1930 (période de dictature en Haïti, celle de Sténio Vincent...), nous raconte la vie d'Hilarius Hilarion, jeune nègre de Port-au-Prince, et commence par le récit d'un vol qu'il commet pour manger. Il se fait arrêter, tabasser par la police, emprisonner. Là, il rencontre un militant communiste et va peu à peu s'ouvrir à cette doctrine. Il sort alors de prison, et essaye de refaire sa vie. Le roman peut alors véritablement débuter. Hilarion va rencontrer une femme, s'installer avec elle. Il va chercher et faire différents boulots, va rencontrer des militants communistes sans trop participer à leurs actions. Il va observer des mouvements de gève des travailleurs haïtiens... et il va ensuite, comme nombre des siens, émigrer en République Dominicaine (alors en pleine dictature de Trujillo -aucun lien de parenté avec le bassiste de Metallica, que je sache) pour aller couper la canne et gagner un peu plus d'argent. Là, il va se retrouver en pleine épuration ethnique d'Haïtiens (il y aurait eu environ 15 000 Haïtiens massacrés dans ce génocide caribéen de 1937)...
Ce roman, fiction trop réelle, est particulièrement poignant dans cette peinture de ce peuple qui essaye de survivre dans des conditions et sous des dictatures abominables, et d'avoir lui aussi accès au bonheur. Il y a du Hugo et du Zola dans ces pages, et l'on ne peut que ressortir bouleversé d'une telle lecture. En voici un passage, le tout début :
"La nuit respirait fortement. Il n'y avait pas de monde dans la cour. Pas un chat. Alors cette ombre plus noire que la nuit joua des pattes, tel un coryphée papillonnant. L'ombre lissait son corps dans le devant-jour, par à-coups, telle une puce.
Cette nuit-là, le vieux faubourg était bleu-noir. Tout le quartier Nan-Palmiste, qui pourrit comme une mauvaise plaie au flanc de Port-au-Prince, baignait dans un jus ultra-marin, une vraie soupe de calalou-djondjon. Des voiles violâtres, annonciateurs d'aurore, plaquaient le ciel d'ébène. Et l'homme d'ombre ondulait, se lissait, faufilant à pas pressés dans la cour. Le devant-jour était frais, très frais ; les masures semblaient presque roses.
"Non..., non, pas un homme, pas une chatte !", songea Hilarion. Il rit, et ses dents marbres luirent dans l'ombre.
Ce nègre était presque nu, presque tout, tout nu. Un nègre bleu à force d'être ombre, à force d'être noir.
Il continuait d'avancer.
Une frisée, une chouette-frisée, ricana sinistrement sur la nuit. Le nègre trembla à ce signe de mauvais augure ; tous ses cheveux tressaillirent, mais il continua. Hilarion, en effet, n'avait pas son bon ange, il songeait si fort, que les réflexions sortaient tout haut de sa bouche. Hilarion parlait tout fort dans la demi-nuit. Tout haut, comme les fous, dont la bouche n'a point de paix.
Car, il ne faut qu'une petite miette, pour qu'un pauvre malheureux devienne fou. La misère est une femme folle, vous dis-je. Je la connais bien la garce, je l'ai vue traîner dans les capitales, les villes, les faubourgs de la moitié de la terre. Cette femelle enragée est la même partout. Par elle, dans les haillons de tous les crève-la-faim, il y a un poignard d'assassin, ou de fou, c'est la même chose. Femelle enragée, femelle maigre, maman de cochons, maman de putains, maman de tous les assassins, sorcière de toutes les déchéances, la misère, ah ! elle me fait cracher !"
15 décembre 2009
La Danse du dragon
Non, il ne s'agit pas du dernier Jackie Chan (puisque ce film date de 1980...), mais bien du dernier livre que j'ai lu, par le Trinidadien Earl Lovelace (lui aussi "rencontré" lors du Congrès international des écrivains de la Caraïbe, sorte de Wong Kar-Wai planqué derrière ses verres fumés). The Dragon can't dance a été publié en 1979 et raconte l'histoire d'Aldrick, jeune homme d'un quartier désoeuvré de Port-of-Spain (le bidonville appelé "la Montagne") qui prépare son costume de dragon pour le carnaval de Trinidad (un des plus fameux de la Caraïbe, paraît-il). Il sera amené à croiser différents personnages, dont l'histoire nous sera aussi racontée : la jeune Sylvia dont il est amoureux, Philo le chanteur de Calypso, Z'yeux d'morue le caïd local (membre d'un steel-band), Pariag l'Indien qui voulait réussir... c'est toute la vie du quartier qui nous est ainsi dévoilée avec comme fil conducteur le carnaval et sur fond de steel-drum et de calypso (spécialités locales). Avec un style léger mais précis, le lecteur se fait aisément embarquer dans le déboulé général. Je conseille donc vivement cet ouvrage.
08 décembre 2009
La Caféière Beauséjour
Nous y sommes allés pour manger le midi, mais aussi pour visiter. L'habitation se trouve sur les hauteurs, à 300m d'altitude, dans un très joli site.
Nous avons eu droit à un bon repas : en entrée, foie gras avec tranches de carambole (bon, c'est surtout pour la déco...), un filet de bœuf avec bananes cuites et purée de fruit à pain en plat principal, et une sorte de mousse cappuccino en dessert. Une bonne table que je recommande donc.
Puis, pour digérer, un petit tour du propriétaire (visite gratuite puisque nous avions pris un repas). Voici quelques photos de l'habitation et du site.
30 novembre 2009
Désirade, ô serpente !
J'avais "rencontré" Fortuné Chalumeau, sans trop savoir qui il était, lors du Congrès des écrivains de la Caraïbe il y a un an. En furetant dans les rayons de la bibliothèque municipale de Trois-Rivières, j'ai vu un de ses livres, à la couverture colorée (à défaut d'être prometteuse...) et au titre énigmatique. Etant à la recherche d'auteurs guadeloupéens en particulier, je n'ai pas résisté à l'envie d'emprunter ce livre-là. Je n'ai pas trouvé grand chose concernant la biographie de Fortuné Chalumeau, hélas.Tout de suite, en attaquant l'ouvrage, j'y ai vu la patte du Chamoiseau d'il y a quelques années et de Confiant, tant dans le style que dans l'histoire : un texte rempli de créolismes, à la verve rabelaisienne et sans concession dans les portraits de personnages brossés. Quant à l'histoire, une galerie de personnages habitant le même quartier (Texaco chez Chamoiseau, les Terres Sainville chez Confiant, l'île de la Désirade chez Chalumeau), ainsi que leur histoire, leurs interactions, leurs relations... le tout dans une atmosphère de tropiques arhumatisés. Ca, c'est pour la première partie, plaisante. Et puis, dans la deuxième partie et les parties suivantes, changement radical de décor et d'ambiance : Key West, un gendarme français se trouve à une réunion d'Interpol pour arrêter un trafic de drogues dans la Caraïbe. Nous voici donc à présent dans un polar international, dans lequel FBI, CIA, agents doubles et petites frappes ont la part belle. Un meurtre, une valise contenant des millions de dollars et des documents confidentiels disparue, et l'affaire est lancée. Elle trouvera son dénouement à la Désirade...
Il s'agit donc au final d'un livre qui, s'il n'a rien d'original ni dans son style ni dans sa narration, s'avère très agréable et prenant.
Hop, un extrait tout de go.
"Quoique charmoisé par la musique de la voix et la brûlante vénusté de sa vis-à-vis sur qui il lui arrivait d'encoller son grain d'yeux et ce, tout à la naissance de la confondante béance de son corsage, l'engin policier bien rodé qu'hébergeait l'inspecteur dans sa cabèche continuait d'officier et cela n'était pas rien. De sorte que, quand elle pausa pour s'accorder une revigorante respirée, il lui vint à l'esprit une charge de questionnements dont le plus pointu était : ce récit de magie est-il conte inventé pour me charmer, ou rien que pure vérité ? Ce à quoi elle accorda rien d'autre qu'un haussement d'épaules.
- Flora, reprit-il très vite. Vous permettez...? Avant de continuer et aussi de causer de Laura. Dites-moi : que savez-vous qui pourrait m'aider quant au meurtre de votre proche voisine ? Je suis persuadé que vous en savez plus long que vous en dites.
En un temps très court mais qui ne peut cependant se mesurer à l'échelle commune, s'alluma dans le grain de ses yeux une lueur toute pareille à celle d'un farfadet en farandole sur la caye mise à sec, face aux lames rageuses et enveloppantes de l'océan. Sans outre se démonter, elle glissa doucement :
- Si je savais quoi que ce soit, inspecteur, je vous le baillerais. Mais voyez-vous, cette île est ensorcelée - ne riez pas ! Il se passe des choses... Enfin, croyez-en mon conseil, oubliez la grosse Joliba et son assassineur, et que sa dépouille puisse festiner en paix avec les crabes du cimetière!
- Ce serait donc vrai, cette histoire à propos des crabes comestibles ? Ils se nourriraient de...
Elle partit d'un franc éclat de rire qui coupa la chique et le chouque au questionneur, tant la remarque autant que la tête d'icelui lui parurent ensemble désopilant."
10 novembre 2009
L'isle Saint-Barthélemy
Plusieurs constats à faire en débarquant : c'est propre (pas de bouteille de Royal Soda au bord des routes, pas de machine à laver dans les ravines, pas de carcasse de voiture dans les champs...), c'est sec (végétation : cactus-cierges, agaves, frangipaniers, bougainvilliers...), et c'est petit (25 km2 en comptant les îlets !). Très différent de la Guadeloupe, donc.
En gros, il n'y a pas grand chose à y faire, sinon profiter des plages (superbes, mais sans ombre) et aller au resto (de vraies bonnes adresses). A part ça, les maisons sont coquettes, les gens sympathiques et avenants (bien sûr, l'île ne vit que du tourisme !).
Voici quelques photos.
Tout d'abord, l'arrivée en avion. On peut voir la rade de Gustavia.
Gustavia vue depuis le site du Fort Gustav.



