28 avril 2011

Nouveau site du Poyo Surf Club

Lorsque j'avais parlé de mon club de surf précédemment, j'avais donné comme lien celui de l'ancien site internet, plus très actualisé. Voici le lien du nouveau site (enfin, quand je dis nouveau, ça date pas d'hier non plus...). Apparemment, l'ancien site est toujours disponible en ligne.

Au passage, le gwada-bloggeur apparaît sur une photo de ce nouveau site, à vous de le trouver ! Indice : contrairement à mon habitude, je ne fais pas de geste avec les doigts (ni shaka, ni wes' coas'...).

15 avril 2011

Caribulles 2011

Samedi dernier, nous sommes allés au Fort Delgrès à Basse-Terre pour faire un tour au festival Caribulles. Il y avait déjà eu une édition l'an dernier, après douze années d'interruption. Il s'agit en fait de stands vente de bandes-dessinées, souvent en rapport avec les Antilles, d'auteurs locaux mais pas seulement. Il y avait également, comme pour tout festival BD digne de ce nom, des auteurs en dédicace, dont Pancho (le caricaturiste de France Antilles), Lucien Rollin (dessinateur de la BD Ombres), Bruno Le Floc'h (dessinateur de Chroniques Outremers).

Nous avons acheté deux ouvrages, puis les avons fait dédicacer par les dessinateurs présents : le tome 2 du manga local Les îles du vent (dessiné par l'Alsacienne Elodie Koeger, scénario et références locales par Hector Poullet), et la BD réaliste Lettres d'outremer d'Eric Warnauts, dont je recommande fortement la lecture. Cette BD, datée de 2005, raconte le séjour d'un métro en Guadeloupe après le décès de sa femme.

Les deux dédicaces sont bien sympathiques, et les deux dessinateurs de même !

01 avril 2011

L'Habitation Grand Maison

Il n'y a rien que j'aime autant que visiter les anciennes habitations... Dimanche dernier, en revenant du Musée du Café (voir post précédent), nous nous sommes arrêtés à l'Habitation Grand Maison, située dans la section Petit Carbet à Trois-Rivières. J'en avais vaguement entendu parler une première fois par un collègue qui habite non loin et qui m'avait dit qu'elle était abandonnée et que personne n'y vivait. Par la suite, l'existence de cette habitation m'avait été rappelée par la dame qui nous avait fait la visite de l'Habitation Bois Debout lors des Journées du Patrimoine en septembre 2010. Cette dame est liée à la famille propriétaire de l'Habitation Bois Debout, et avait évoqué son enfance dans l'Habitation Grand Maison, et le fait qu'elle regrettait qu'elle fût maintenant laissée à l'abandon.

Nous nous sommes donc arrêtés et garés à proximité, avons marché le long d'un chemin, et avons pu jeter un œil à la demeure et à la propriété (sans entrer à l'intérieur cela dit, un panneau "port du casque obligatoire" nous en ayant dissuadés...). La maison en elle-même n'est pas très jolie, mais le site est agréable comme vous pouvez le voir sur les photos. Et il était assez émouvant de voir ce lieu porteur d'histoire.

Pardonnez encore une fois le flou de ces photos, malgré les retouches effectuées.

30 mars 2011

Le Musée du Café

Cela fait un moment que nous voulions aller visiter le Musée du Café à la sortie de Vieux-Habitants (section le Bouchu). Il s'agit d'un petit musée situé dans l'usine de production du fameux café Chaulet. L'émission de Thalassa de vendredi dernier (voir post précédent), dans laquelle Georges Pernoud rencontrait Philippe Chaulet, nous a poussés à aller y jeter un œil.

Le musée est un joli bâtiment assez neuf, avec des panneaux très bien faits présentant les différentes étapes de la fabrication du café. A l'entrée, on nous avait donné un petit quizz auquel il fallait répondre durant la visite... j'espère que nous serons tirés au sort, car je sais que nous avons fait tout juste ! A la fin de la visite, une dégustation de ce très bon café local, entièrement récolté à la main (eh oui, les cafés en provenance de gros pays exportateurs sont faits à partir de cerises récoltées par machine... on y trouve donc des cerises mûres, des cerises pas mûres, des feuilles, des insectes... glup !). Pour toutes les photos de ce post (et du prochain, d'ailleurs) pardonnez le léger effet de flou à la ferrero rocher non voulu, mais mon objectif était un peu taché (traces de doigts).

Un panneau devant l'entrée du musée.

L'entrée du musée.

Les plateaux amovibles pour faire sécher les grains de café (on peut les glisser sous la maison en cas de pluie et la nuit).

La petite cour intérieure.

Une galerie bien sympa.

Les machines à emballer !

Pour finir, il y avait une salle avec une vitrine dans laquelle on pouvait voir de vieux moulins à café. En voici un.

26 mars 2011

Thalassa en Guadeloupe

Lors de l'émission d'hier (vendredi 25 mars 2011), l'équipe de Thalassa était en Guadeloupe. Les reportages, eux, n'avaient rien à voir avec notre archipel. Mais entre chacun d'eux, on pouvait voir Georges Pernoud arpenter le sol guadeloupéen et rencontrer divers personnages. A noter : pour la séquence avec Brother Jimmy (sur le port de pêche de Lauricisque, à Lapwent), vous ne me verrez pas mais j'ai assisté à une partie du tournage (par hasard !). J'ai pu serrer la pince de Georges Pernoud, et checker le poing de Brother Jimmy.

Ici, la vidéo. Malheureusement, elle ne semble pas fonctionner. Je voulais indiquer les passages parlant de la Guadeloupe, mais ce sera pour plus tard, j'espère. Attention, dans tous les cas, la vidéo ne sera disponible que jusqu'à vendredi 01er avril.

Ajout du 27 mars 2011 :

La vidéo de l'émission ne marchant toujours pas sur le site de Thalassa, vous pouvez la voir ici. Voici donc les passages à propos de la Guadeloupe :

- à 00:00:00
- à 00:23:08
- à 00:38:40
- à 00:56:20 (avec Brother Jimmy !)
- à 01:10:42
- à 01:43:19

22 mars 2011

Nuage radioactif en Guadeloupe

Suite à la catastrophe nucléaire au Japon, le nuage radioactif est passé au-dessus des Antilles hier lundi 21 mars. Petite illustration de Pancho parue dans France Antilles, histoire d'en rire plutôt que d'en pleurer...

10 mars 2011

L'Année des outre-mer au Jardin d'acclimatation

Lu dernièrement dans un article du Monde : le Jardin d'acclimatation de Boulogne accueillera une des manifestations de l'Année des outre-mer. Or, nous apprend cet article, ce lieu a servi entre 1877 et 1931 de zoo humain, dans lequel les peuplades dites primitives (tribus africaines, amérindiens de Guyane, kanaks de Nouvelle-Calédonie...) étaient parquées derrière des grilles et devaient mimer des scènes de la vie quotidienne pour les badauds en robe à crinoline et chapeau haut-de-forme.

A l'heure des symboles à tout va, de la reconnaissance de la culture des peuples des outre-mer, et surtout de la communication moderne, il me paraît plus que maladroit d'avoir choisi un tel lieu. Là, il y a quelqu'un qui, clairement, n'a pas fait son travail !

14 février 2011

Dans la ville des veuves intrépides

Une amie m'a prêté ce livre que je viens tout juste de terminer. Je ne connaissais absolument pas son auteur, James Cañon, un Colombien installé à Barcelone, ayant fait ses études aux Etats-Unis et écrivant en anglais. Je savais juste (d'après cette amie et la quatrième de couverture) qu'il s'inscrivait dans la lignée de Gabriel Garcia Marquez, dont j'avais déjà lu plusieurs livres.

Et cet opus est en effet un savant mélange entre réalisme cru (comme de nombreux romans espagnols ou sud-américains) et poésie magique. Il s'agit de l'histoire d'un village qui se retrouve vidé de ses hommes du jour au lendemain, suite à l'arrivée de guérilleros qui les recrutent de force pour faire la révolution et prendre le maquis. Après un temps de prostration passé à ne rien faire, les "veuves" (puisque les femmes du village comprennent que leurs hommes ne reviendront certainement jamais) élisent une maire et commencent à s'organiser pour faire subsister le village vaille que vaille, et fonder une sorte d'utopie féminine. Le livre est ainsi découpé en 14 chapitres, chacun présentant une histoire à propos d'un des personnages. On pourrait presque voir un recueil de nouvelles dans cette structure très agréable à lire. Les chapitres s'enchaînent, développant les personnages principaux, leur passé, la manière dont ils considèrent cette nouvelle situation, leur façon de vivre, tout en tissant en même temps un véritable ensemble cohérent. Bref, je ne me suis pas ennuyé une seule minute !

Un petit extrait tout de suite.

"Le lendemain matin du jour où les coqs cessèrent de chanter, Rosalba se précipita hors de chez elle pour enquêter sur le temps. Elle portait sa robe du dimanche, qui, après tant de dimanches, n'était plus blanche comme lait mais jaune pâle et effrangée aux manches. Il s'était passé tant de choses récemment qu'elle ne savait plus très bien combien de jours ou de nuits s'étaient écoulés, et s'habiller pour un dimanche lui semblait correct. Elle avait choisi de rester fidèle à la méthode conventionnelle de calcul des jours et des nuits, car elle avait le sentiment qu'il était de sa responsabilité d'enregistrer les événements au moins d'après la couleur du ciel. Un chien blanc qui se grattait les puces au milieu de la rue principale sembla la conforter dans sa conviction que tout allait bien à Mariquita. Alors, qu'est-ce que ça pouvait donc faire que ces stupides coqs ne veuillent pas chanter ? pensait-elle en arpentant les rues. Si nous avons appris à vivre sans hommes, nous pouvons apprendre à vivre sans coqs. A cet instant, elle aperçut une femme nue qui courait vers elle."

13 février 2011

Orange Open Guadeloupe

Du 12 au 20 mars prochain se tiendra en Guadeloupe (a priori au tennis club de la marina) un tournoi de tennis important (classé "challenger", doté de 100 000 $ !). Il s'agira du plus gros événement de tennis jamais organisé dans les Caraïbes. Arnaud Clément, Paul-Henri Mathieu, Gianni Mina devraient y être. On espère aussi voir la Monf'... (Gaël Monfils). Je n'ai pas trouvé beaucoup d'informations sur ce tournoi (même sur le site local de la Ligue !), excepté cet article de L'Equipe, repris par nombre de médias.

Sur la photo, courts de tennis au Gosier.

08 février 2011

Domino

Tel est le titre d'une mini-série diffusée en ce moment sur Guadeloupe 1ère (ex RFO), tous les soirs de la semaine à 20h05. Je l'ai vue pour la première fois hier, mais je ne sais pas trop depuis quand cela passe à la télé.

Elle retrace les aventures d'un couple mixte (couple "domino") aux Antilles, et est écrite par les deux acteurs. L'actrice, Laurence Joseph, a été un temps une excellente miss météo fin 2010.

La source d'inspiration est bien sûre toute trouvée, "Un gars, une fille", mais les situations et les confrontations entre le jeune-homme métro et la jeune-femme antillaise sont plutôt amusantes. Voici un épisode que j'ai trouvé sur internet. Bon, encore une fois, au vu du sous-titrage, la conjugaison du présent de l'impératif est assez floue.

30 janvier 2011

Le Partage des eaux

J'avais déjà lu deux livres du Cubain Alejo Carpentier : Le Royaume de ce monde et Le Siècle des Lumières. Les ayant fortement appréciés, je n'ai pu que me laisser tenter par cet autre livre. Si le premier parlait d'Haïti, le deuxième de la Guadeloupe, celui-ci se situe au Vénézuela.

Alejo Carpentier l'a écrit en 1953, après avoir passé plusieurs années dans ce pays d'Amérique du Sud. Il y raconte l'histoire d'un compositeur d'origine cubaine vivant à New York qui en a marre du train-train de son quotidien et qui accepte la mission du Conservateur d'un musée : aller dans la forêt amazonienne pour récupérer des instruments de musique amérindiens. A aucun moment de l'histoire New York ni le Vénézuela ne sont nommés, mais on devine facilement.

Abandonnant sa femme et son métier, le narrateur se retrouve donc embarqué dans une série d'aventures, accompagné par sa maîtresse : il arrive tout d'abord dans la capitale, qui voit une révolution éclater le jour-même ! Puis, il part dans l'intérieur du pays, passe par de petits villages, fait la rencontre d'une Amérindienne dont il tombe amoureux et, après un voyage sur le fleuve Orénoque, se retrouve dans un village perdu dans la jungle, fondé par un missionnaire, sorte de Thélème ou d'Eldorado sud-américain(e).

Cette histoire pourrait être un énième et banal récit du retour à l'essence même des choses, de fuite du monde civilisé pour retrouver l'état de nature originel et, par là même, se retrouver. Certes, il est question de tout ça, mais l'auteur évite l'écueil du manque d'originalité grâce à un style magistral, fait d'images foisonnantes et de références musicales et culturelles, définissant ainsi une cosmogonie propre. Ce faisant, il donne non seulement un nom à toute chose, mais également un rythme, une musicalité. En voici un extrait.


"Chacun s'isola dans le creux de son hamac. Le coassement de crapauds-buffles envahit la forêt. Des fuites, des glissades, emplirent les ténèbres de frémissements. Quelqu'un, je ne savais où, se mit à essayer l'embouchure d'un hautbois. Un cuivre grotesque rit au fond d'un cours d'eau. Mille flûtes à deux notes, aux différentes tonalités, se répondirent à travers le feuillage. Puis ce furent des peignes en métal, des scies qui mordaient des bûches, des languettes d'harmonicas, des trémolos et des stridulations de criquets, qui semblaient couvrir la terre entière. Il y eut comme des cris de paon, des borborygmes errants, des sifflements qui montaient et descendaient, "des choses" qui passaient sous nos hamacs, collées au sol, qui plongeaient, martelaient, craquaient, hurlaient tels des enfants, hennissaient sur le sommet des arbres, agitaient des sonnailles au fond d'un trou. J'étais étourdi, effrayé, fiévreux. Les fatigues du voyage, la tension nerveuse, m'avaient exténué. Lorsque le sommeil vainquit la crainte des menaces qui m'entouraient, j'étais sur le point de capituler, de crier ma peur, pour entendre des voix humaines."

28 janvier 2011

Exposition "Pirates et Flibustiers des Caraïbes"

Ca y est, nous avons pu nous rendre au Fort Delgrès pour voir cette exposition tant attendue. Après un avant-goût, un aller-retour infructueux (Fort fermé) quelques coups de fil (ici, il faut appeler !), nous sommes allés voir cette exposition sympathique lundi dernier. Au menu : des panneaux explicatifs et instructifs sur l'histoire de la flibuste, des reproductions d'illustrations de dessinateurs américains parues dans divers livres (dont des éditions de L'Île au trésor), des vieilles cartes (j'adore !), un film (genre documentaire du dimanche après-midi) sur les pirates et Barbe Noire, quelques objets disséminés çà et là, des maquettes de bateaux...

Rien d'exceptionnel, mais quelques informations intéressantes historiquement. Voici quelques photos.

De vieilles cartes bien illustrées. Sur la seconde, on peut voir, aux quatre coins et pas dans l'ordre : Colomb, Cortès, Pizarro et Vespucci.


Une jolie illustration.

Un pirate en garde-à-vue.

En exclusivité en Guadeloupe : le trésor de Rackham le Rouge !

Une autre illustration que j'aime bien.


Maquettes, illustrations, objets : voilà en quoi consiste cette exposition.

Etre ou ne pas être un pirate...

13 janvier 2011

Sarkozy et les élus locaux

On le savait déjà, la Guadeloupe est un très bel archipel, mais aussi très sale. C'est d'ailleurs la première chose qui frappe pour toute personne arrivant ici pour la première fois : "C'est beau, mais c'est sale !".

Lors de son passage en Guadeloupe pour présenter ses voeux à l'outre-mer, Nicolas Sarkozy a dit que l'Etat se substituerait aux élus locaux si ceux-ci ne faisaient pas leur travail dans ce domaine. A l'heure du développement endogène, de la volonté de plus d'autonomie, ce n'est pas très sérieux...

Lire ici l'article du France-Antilles d'aujourd'hui.

Sur la photo, de gauche à droite : Victorin Lurel (président du Conseil Régional), Jacques Gilot (président du Conseil Général), Jean Fabre (Préfet), Nicolas Sarkozy (le même que là-bas).

07 janvier 2011

La Traversée du milieu

Que ceux (et ils sont nombreux...) qui suivent mon blog pour les "critiques" littéraires se rassurent, je n'ai pas arrêté de lire ! Il est vrai que mon dernier post littérature doit dater d'il y a à peu près un an (je préfère ne pas vérifier...). Alors, cela ne veut pas dire que je n'aime plus lire, mais simplement que j'ai lu d'autres livres qui n'ont pas vraiment de rapport avec la Guadeloupe ou la Caraïbe. J'ai notamment fini fin décembre la lecture des sept denses volumes d'A la Recherche du temps perdu de Proust, ce qui m'a tout de même pris les bons deux-tiers de l'année 2010.

L'année 2011 commence donc en fanfare, avec un sujet sur La Traversée du milieu (The Middle Passage en langue originale) de Vidiadhar Surajprasad Naipaul (que l'on connaît plutôt sous le nom de V.S. Naipaul), écrivain britannique originaire de Trinidad (île anglophone tout au sud de l'arc antillais, au large des côtes vénézuelliennes, là où calypso, soca et steel bands sont nés). Il fait partie du cercle très fermé des écrivains de la Caraïbe ayant obtenu le Prix Nobel de littérature (en 2001 pour lui, en 1960 pour le Guadeloupéen Saint-John Perse et en 1992 pour le Sainte-Lucien Derek Walcott).

La Taversée du milieu (publié en 1962, traduit en français en 1994) n'est pas un ouvrage de fiction, il s'agit d'un récit de voyage autobiographique (le narrateur est appelé à plusieurs reprises "Mr. Naipaul"), rendant compte d'un tour de la Caraïbe effectué par l'écrivain en 1960 lors de son retour à Trinidad après avoir passé plusieurs années en Grande-Bretagne. Il se divise en cinq chapitres, cinq étapes du voyage : "La traversée du milieu" (cette expression fait référence à la traversée de l'Atlantique effectuée par les esclaves, par les migrants partant tenter leur chance en Grande-Bretagne, et par Naipaul retournant à Trinidad), "Trinidad", "La Guyane britannique", "Surinam", "La Martinique" et "En route vers la Jamaïque". Dans chacun de ces chapitres, Naipaul brosse le portrait des habitants et des sociétés rencontrés.

Ce qui frappe tout de suite, c'est que ce sont des portraits sans concession, voire même plutôt pessimistes. Dans chaque chapitre, chaque peuple rencontré présente certes des qualités, mais l'auteur est particulièrement sévère avec les habitants de la Caraïbe de manière générale : il fustige l'esprit colonial, le racisme des locaux, leur indolence et leur paresse, l'américanisation à outrance, l'incapacité d'exorciser et de surmonter le péché originel de l'esclavage, le mépris des métropoles... la liste serait longue, et je ne vais pas faire un résumé de chaque chapitre. Par contre, je peux faire une liste de chaque lieu visité, selon le sort qui lui réservé (du portrait le plus négatif au moins négatif !) :

1) La Jamaïque (colonie britannique à l'époque)
2) Antigua (visité dans le dernier chapitre ; colonie britannique à l'époque)
3) La Guyane britannique (actuel Guyana, colonie britannique à l'époque)
4) Trinidad (colonie britannique à l'époque)
5) Le Surinam (colonie hollandaise au moment où il écrit)
6) La Martinique (déjà département français à l'époque)

Eh oui, c'est la Martinique qui s'en sort le moins pire ! V.S. Naipaul semble voir les côtés positifs de la départementalisation et de l'assimilation réussie, non sans pointer du doigt tous les travers des Martiniquais, de leur société et de la relation quasi exclusive avec la France. J'aimerais bien avoir son avis de nos jours, lorsque l'on voit certains résultats de cette départementalisation. Il loue également la culture et le savoir-vivre des Martiniquais, non sans dénoncer leur pitoyable accueil.

J'aimerais aussi connaître son point de vue actuel sur le Surinam, duquel il vante la bonne cohabitation entre les catégories sociales et raciales, lorsque l'on sait ce qui s'est passé dans ce pays six mois après l'indépendance (pour résumer : un bon tiers de la population (les élites bourgeoises et intellectuelles) a fui vers les Antilles Néerlandaises ou la Hollande, et une dictature a suivi immédiatement).

Par ailleurs, dans chaque chapitre, l'auteur, d'origine indienne, est attentif au sort qui est réservé aux émigrés indiens arrivés à la fin du XIXème siècle. Les constats sont, là aussi, variés mais plutôt négatifs.

Pour finir, voici quelques extraits que j'ai sélectionnés (pour ceux qui auront eu la patience de me lire jusqu'ici). Tout d'abord, voici un passage concernant l'histoire des Antilles, dans le premier chapitre :


"Comment l'histoire de cette inutilité antillaise peut-elle être écrite ? Quel ton adoptera l'historien ? Sera-t-il aussi académique que Sir Alan Burns, protestant de temps à autre contre quelque brutalité, et plaçant la brutalité antillaise dans le contexte de la brutalité européenne ? Mettra-t-il en balance, comme Salvador de Madariaga, un ensemble de brutalités avec un autre, pour conclure que l'un n'a pas été décrit dans toute sa noirceur, et que cela est injuste pour l'Espagne ? Fera-t-il preuve, comme les historiens antillais, qui commencent juste à pouvoir envisager leur histoire, du détachement le plus froid pour raconter l'histoire de la traite des esclaves comme si ce n'était qu'un aspect parmi d'autres du système mercantile ? Il ne pourra jamais y avoir de manière satisfaisante de raconter l'histoire des îles. La brutalité n'est pas la seule difficulté. L'histoire se bâtit autour de ce qui est accompli et créé ; et rien ne fut créé aux Antilles."


Un passage sur la Martinique :


"Si les français ont exporté leur civilisation à la Martinique, ils ont également exporté leur structure sociale. Les préjugés sociaux rigides de la bourgeoisie métropolitaine se sont fondus avec les distinctions raciales dérivées de l'esclavage pour produire la société la plus organisée des Antilles. Dans cette société l'éducation, l'argent et la culture importent, mais le sang noir est pareil à une vulgarité indéracinable, la marque d'une ascendance esclave ; et dans cette société, dont le seul modèle est le bourgeois français, les préjugés sociaux (qui peuvent être des préjugés raciaux) ont leur importance. [...] Je n'ai jamais pu m'habituer à entendre des Martiniquais de couleur dire, exactement comme certains Français : "La place de ce foutu juif est au ghetto." "


Enfin, deux passages conclusifs dans le dernier chapitre, que j'aime particulièrement :


"Je voyageais depuis sept mois. Je commençais à me fatiguer. A la Jamaïque, les annotations sur mon journal se firent de plus en plus courtes puis s'arrêtèrent tout à fait. Rien de neuf à consigner. Chaque jour, je voyais les mêmes choses -chômage, laideur, surpopulation, racisme- et chaque jour j'entendais les mêmes arguments qui se mordaient la queue. Les jeunes intellectuels, dont les dons avaient été développés pour enrichir une société stable en développement, parlaient et parlaient et devenaient fous de frustration. Ils cherchaient un ennemi, et il n'y en avait pas. Les pressions à la Jamaïque n'étaient pas simplement les pressions de la race ou de la pauvreté. C'étaient les pressions accumulées de la société esclavagiste, de la société coloniale, d'un pays agricole sous-développé et surpeuplé ; et elles échappaient au contrôle de quelque "leader" que ce soit. La situation ne requérait pas un leader mais une société qui se comprît elle-même et eût un but et une direction. Elle ne faisait que générer l'égoïsme, le cynisme et une rage auto-destructrice."

"Le Dr Arthur Lewis a fait la distinction entre les leaders "protestataires" et les leaders "créatifs" dans les sociétés coloniales. C'est une distinction dont les Antilles ont encore à peine conscience. Aux Antilles, pourvues d'une classe moyenne importante et de talent en abondance, le leader protestataire est un anachronisme, et un anachronisme dangereux. Pour les masses incultes, promptes à réagir aux incitations raciales, qui prennent un plaisir enfantin aux gestes destructeurs, le leader protestataire sera toujours un héros. Les Antilles ne manqueront jamais de tels leaders, et le danger de la loi du nombre et de l'autoritarisme ne cessera jamais d'être réel. Le paternalisme de la domination coloniale aura été remplacé par la politique sauvage des récompenses et de la vengeance, conditions exemplaires du chaos".



Bref, un livre que je conseille.
Pas sûr qu'un portrait 2011 soit plus reluisant.

04 janvier 2011

La Guadeloupe solidaire : il fait froid !

Enfin, tout est relatif... Un gros nuage plein de pluie nous passe dessus (il couvre tout l'arc antillais nord : des Îles Vierges jusqu'à la Dominique) depuis dimanche nuit, et jusqu'à demain soir a priori.

Cette pluie continue toute la journée d'hier, en plein pendant la saison où les températures sont les moins chaudes, ajoutée à pas mal de vent, a fait qu'une certaine sensation de froid prédominait ! Et pourtant, comme vous pouvez le voir sur le premier sujet du journal télévisé d'hier soir, les températures étaient de 20° minimum (sauf sur Saint-Claude). En partant au travail hier à 6h30, il faisait 22 au thermomètre de ma voiture. Mais en fait, les températures n'ont pas vraiment augmenté de la journée, d'où ce "froid". On a vu des gens porter écharpes et sweat-shirts (et même quelques vestes polaires ! Si, si !).

30 décembre 2010

Evolution institutionnelle de la Guadeloupe

En 2014, lors de la réforme territoriale, la Guadeloupe (région monodépartementale comme tous les DOM, je le rappelle) verra ses Conseil Régional et Général fusionner en un seul Conseil Territorial. Actuellement, nous avons 41 conseillers régionaux et 40 généraux. A partir de 2014, ce nombre sera non plus de 81 mais de 43 comme le veut le ratio appliqué au niveau national.

Lors d'un récent congrès, les élus de la Guadeloupe viennent de décider de proposer deux évolutions préalables au Gouvernement : que le nombre de conseillers soit non pas de 43 mais de 65, et que le mode de scrutin soit mixte (uninominal et scrutin de liste à la proportionnelle) et non pas seulement uninominal. Ces élus commencent à s'inquiéter de perdre leur place de conseiller...

Assisterions-nous à la Gbagboïsation de notre classe politique ?

25 décembre 2010

Comment bien digérer après les fêtes.

Eh bien, il faut venir vivre en Guadeloupe, le péyi où la vie est plus chère et les rayons parfois vides.

Cela dit, Joyeux Noël à toi, fidèle lecteur du Gwadiary.

18 décembre 2010

Le Poyo Surf Club dans Surf Session

Dans le dernier numéro de Surf Session (enfin, le dernier que nous avons reçu ici, dans ce que l'on appelle les DOM, vous savez, cette vaste région où, lorsque l'on achète un magazine, le prix est indiqué sur le côté avec un supplément de 70 centimes ? Donc, celui de novembre), on pouvait trouver un petit guide (je n'ose dire un "booklet") spécial Trip (je n'ose dire "voyage"), des destinations surf au climat plus clément que celui de la côte basque en hiver. Eh bien, pour la région Caraïbe, ce livret conseille la Guadeloupe seulement ! Yes i, ou ja konnèt ! Bon, la Barbade a aussi de bonnes vagues...

Par ailleurs, il y a quelques conseils pour des surf clubs ou des surf camps, et le Poyo Surf Club en fait partie (riprizent Bana !). Voici les deux articles concernés et scannés.

Au passage, un grand bravo au Réunionnais Jérémy Florès, premier Français (voire Européen je crois) à remporter une épreuve du circuit pro WCT, hier à Hawaii (spot de Pipeline) après avoir éliminé Kelly Slater en demi.

14 décembre 2010

14 décembre : LKP ou LpaKP ?

Eh bien, d'après mon ressenti sur le terrain, et les infos à la télé, ce serait plutôt LKPétard mouillé... Ce matin, sur la route pour aller travailler, plein de gens dans leur voiture allant étrangement au boulot, pas un gendarme en vue, même au rond point des Mineurs à l'entrée de Capesterre. Une matinée de travail comme une autre... Et aux infos de 13h, confirmation. Outre les 4 000 (selon qui vous savez) à 20 000 (selon qui vous savez aussi) manifestants dans les rues de PAP contre 80 000 en 2009, pas un magasin fermé, pas une administration ne fonctionnant pas (ce que confirme un des commentaires de mon post précédent). Calme plat. Louis XVI eût écrit : "14 décembre 2010 : Rien". Et il eût eu raison cette fois-ci, le bougre !

Alors, bon, on n'est encore à l'abri de rien. Surtout que la Sous-Préfecture a l'air de jouer avec le feu, en ayant refusé de recevoir les représentants du LKP ce matin.

Cette fois-ci, les Guadeloupéens ont pris leurs précautions : plein d'essence (presque aucune station fermée ce matin...) et frigo richement garni pour les fêtes. Parlons-en des fêtes : je pense aussi que personne dans ce péyi-lasa ne veut les manquer après avoir manqué un Carnaval en 2009. Et puis les gens, même s'ils ont pu être d'accord avec les idées défendues, en ont eu marre des méthodes extrémistes et de la rhétorique malsaine.

Maintenant, faudrait aussi voir à appliquer les points de l'accord de 2009 qui ne le sont pas encore, ce serait quand même plus réglo. Et puis aussi régler tous les autres problèmes du même coup, tant qu'on y est (houla !).