19 septembre 2011

Journées du patrimoine 2011 : l'Habitation Bisdary

Comme chaque année, j'ai profité des journées du patrimoine pour visiter des lieux qui ne sont en général pas ouverts au public. Cette fois-ci, avec un couple d'amis, nous sommes allés voir l'Habitation Bisdary, située section Bisdary sur la commune de Gourbeyre.

Il s'agit d'une habitation de 1705, construite sur un morne et entourée de plaines, près de la Rivière Sens. Très bien placée, donc ! Avec vue sur la Soufrière et sur la mer des Caraïbes, ce qui ne gâche rien.

Elle a été construite par les Jésuites, qui ont eu un rôle important dans la région de Basse-Terre au début du XVIIIè siècle, avant de ne plus être en odeur de sainteté auprès du pouvoir royal. Il s'agissait d'une sucrerie qui aurait fonctionné jusqu'en 1870. Seules quelques parties datent du XVIIIè siècle : les fondations et les bases des murs en béton, les moulins et, si j'ai bien écouté le spécialiste de la DRAC, la maison du géreur. Les autres bâtiments sont soit plus modernes, soit ont été restaurés au fil des siècles (ainsi, les toits en essentes sont maintenant en tôle).

L'habitation a été utilisée dans les années 1980 comme une sorte de jardin botanique, avec un coin orchidées, et des bâtiments plus modernes, puis a été laissée à l'abandon. L'Etat s'est porté acquéreur en 2001, et est censé s'en occuper depuis. En fait, le seul entretien semble être la tonte de la pelouse et le débroussaillage pour les journées du patrimoine. Venez voir comment l'Etat ne s'occupe pas de notre patrimoine !

Bref, voici quelques photos.

Tout d'abord, une photo d'une pierre située près de l'entrée, au bord de la route. On peut y lire une date (1753 me semble-t-il) et les lettres IHS, symbole marial des jésuites.

Ici, une photo de l'habitation dans la végétation, depuis le bas du morne.

Les restes d'un moulin.

Depuis l'habitation, la rue cases-nègres (rue bordée de cases où étaient logés les esclaves) avec une case d'esclaves en assez bon état (et en détail juste en-dessous).

Les bâtiments plus modernes.

La maison du géreur, ancienne.

Et pour finir, la vue. D'un côté, vue sur la Soufrière (dégagée hier !), et de l'autre vue sur la mer des Caraïbes.

03 septembre 2011

Cyclone Katia

Décidément, les cyclones féminins font parler d'eux cette année ! Dernier en date (enfin, avant-dernier, puisque Lee officie déjà !) : Katia. Depuis lundi on savait que ce cyclone ne passerait pas sur les Antilles, mais au large. Les seuls effets ressentis, outre le manque de vent sur nos îles, seraient une forte houle de nord-nord-est. C'était donc un cyclone apparemment surfable ! Les prévisions donnaient des vagues de 2.1 m et des périodes de 12 à 14 secondes entre elles. J'avais donc réservé mon samedi après-midi pour aller tester cette houle cyclonique. Et effectivement, ma session de cet après-midi avec mes potes O. et L. a été largement rentabilisée. Excellente première session après retour de vacances. Fatigante, également...

25 août 2011

Kap Natirèl et la protection des tortues marines

Un malheureux événement m'a amené à mieux connaître cette association ce matin. Je me trouvais en effet sur la plage de Grand' Anse à Trois-Rivières, lorsque j'ai vu quatre membres de cette association se diriger vers la partie nord de la plage. Je les avais déjà vus début juillet animer des ateliers de découverte et de sensibilisation auprès d'enfants inscrits dans des centres aérés. Ce matin, c'est pour tout autre chose qu'ils intervenaient. Les deux jeunes femmes et les deux jeunes hommes étaient allés constater le décès d'une tortue imbriquée sur la plage. Il faut savoir que la plage de Grand' Anse est un site privilégié de ponte des tortues marines, et apparemment ce sont les chiens (errants ou pas) qui les tuent parfois lorsqu'elles pondent et sont donc dans l'impossibilité de se défendre. Ils ont donc pris des photos et ont transporté la pauvre tortue à l'entrée de la plage après avoir fait appel à un équarrisseur.

J'en ai profité pour aller un peu interroger les bénévoles, me renseigner. Ils disposent d'un local depuis début mars, gracieusement prêté par la commune (bravo !), sur la plage, en face des douches. L'association est constituée d'un salarié et d'une dizaine de bénévoles. Ils n'ont pas encore de site internet, mais font partie du "réseau tortues marines de Guadeloupe".

Souhaitons-leur de poursuivre leur action (les tortues marines sont intégralement protégées depuis 1991 en Guadeloupe), et de toujours trouver une écoute positive de la part des politiques !

24 août 2011

Le Helleux, toujours inondé

Le Helleux est un quartier de Sainte-Anne situé à la sortie du bourg, en allant vers Saint-François. Je suis déjà allé là-bas plusieurs fois (il y a un très bon spot de surf !), et ai déjà expérimenté la route inondée qui y conduit (une autre route praticable se trouve plus loin cela dit). La première fois que j'y suis allé, je pensais que c'était exceptionnel. Les fois suivantes, je me suis rendu compte que c'était assez habituel. Ce que je ne savais pas encore, c'est qu'en fait, c'est quasi-permanent ! France Antilles a déjà publié un article à ce propos il y a quelques mois. En voici un autre dans le journal d'aujourd'hui.

Ce genre de problème non résolu est absolument hallucinant au XXIè siècle, car il ne s'agit pas d'une question de panneau tombé ou de peinture effacée, mais bien d'insalubrité et de risque pour la santé publique des riverains. Quand on sait que l'un des fleurons de l'hôtellerie de la Guadeloupe se trouve aussi sur ce chemin, on se rend compte que l'incurie des élus est encore plus forte que les pressions de professionnels...

Pour les habitants de cette rue du moulin, c'est vraiment un comble d'être des Don Quichotte !

22 août 2011

Cyclone Irène

Cette année, c'est Irène qui composait le comité d'accueil. Irène ? Eh bien oui, on en est déjà à neuf phénomènes baptisés, contre trois à pareille date l'an dernier ! Espérons que le reste de la saison cyclonique se passera sans encombre, mais avec de bonnes houles cycloniques surfables !

Irène est passée sur le nord de l'arc antillais, la Guadeloupe n'a pas trop été touchée (journée bien maussade hier cela dit).



12 juillet 2011

Votre médecin est quelqu'un de bien

Récemment, je suis allé chez un médecin (rien de grave, rassurez-vous !) à Basse-Terre chez lequel je n'étais jamais allé. Première chose étrange, malgré mon rendez-vous, il y avait 6 personnes (ayant pris rendez-vous aussi !) avant moi. Bon, ça, ça peut encore aller. Je suis resté quelques minutes dans la salle d'attente, pourvue de nombreux panonceaux écrits par le médecin. L'un énumérait toutes ses spécialités : médecine générale, médecine du sport, acupuncture, suivi des grossesses, aide pour faire maigrir, pour soulager tout un tas de douleurs etc... bref, cela faisait pas mal de choses ! Un peu plus loin, un panneau disait : "kouyoné doctè, maladi pa guéri". Facile à traduire. Le message m'a paru un peu bizarre tout de même.... Un dernier panneau a réussi à me faire partir sans passer par la case consultation. Le contenu que je délivre n'est pas exact au mot près, mais le sens était bien celui-ci.

"Votre médecin n'est ni Maghrébin, ni Africain, ni Haïtien et n'est membre d'aucun courant religieux prosélyte. Il est Guadeloupéen et a fait ses études en France Métropolitaine. Ancien champion de boxe, il a suivi les cours dans des universités en Métropole. [...] Il ne fait aucune distinction de race ou de religion lors de ses consultations".

Bon, la fin est plutôt positive, mais le début ne m'a pas donné envie de connaître le personnage plus que cela.

10 juillet 2011

Téléphérique pour la Soufrière : le scandale se confirme !

Bon, rien n'est encore réalisé, ils en sont encore à mener des études de faisabilité et d'impact environnemental. Nonobstant, une vidéo est disponible pour essayer de faire passer cette amère pilule...



Si ce n'est pas encore fait, allez signer la pétition contre ce projet absolument scandaleux.

11 juin 2011

96 degrees in the shade

Real hot, in the shade !

Bon, il ne fait pas tout à fait 96°, puisque 96°F équivalent à 35°C. Mais il fait bien 33-34 depuis une ou deux semaines, et l'eau est à 30. Bref, on a bien chaud !

A écouter, ce morceau du groupe Third World, live from the Blue Mountains, que j'avais vu il y a pas mal de temps déjà lors de la diffusion du documentaire "Made in Jamaica".

09 juin 2011

Pan American Surfing Games

En novembre prochain, se tiendront les Xème Pan American Surfing Games, une compétition continentale de surf. Et c'est la Guadeloupe et le spot de la Chapelle à Anse-Bertrand qui ont été choisis ! On attend pas moins de 400 compétiteurs et entre 10 000 et 15 000 visiteurs de tout le continent. Bon, il n'y aura pas Kelly Slater non plus, mais un bon gros niveau continental quand même (avec le contingent US et brésilien). J'espère pouvoir aller y jeter un œil... L'affiche à côté n'est pas la plus récente, mais je n'arrive pas à la trouver.

05 juin 2011

Le tri sélectif à Trois-Rivières !

Non, vous ne rêvez pas ! La municipalité s'est enfin décidée à franchir le pas de la modernité, et des bornes de tri sélectif ont été installées à plusieurs endroits de la commune : dans le bourg près du collège (la plus proche de chez nous), sur le parking de la plage de Grand'Anse, dans la section Schoelcher, dans la section Louisville (entre les deux stations-services) et à Bord de Mer. Il s'agit de deux bornes, une pour le verre, et une pour le reste (emballages, papiers, journaux, bouteilles en plastique...). J'y suis allé cet après-midi (enfin, en début de soirée, vu qu'il fait 33° en ce moment). Cette initiative tardive mais ô combien indispensable me permettra d'éviter d'aller jusqu'à Goyave pour trouver les bornes les plus proches, chose que je faisais depuis deux ans. Et puis, nous sommes en 2011, que diable !

Allez, un petit effort, il reste encore quelques communes à pourvoir... Et puis il faut aussi faire de l'éducatif auprès des gens qui, pour certains, brûlent leurs déchets (déchets verts, mais aussi plastiques, cannettes en aluminium...) !

03 juin 2011

Un téléphérique pour la Soufrière

Oui, oui, vous avez bien lu. Il s'agit d'un projet qui a déjà quelques années, et qui serait absolument scandaleux (à mon avis). Il partirait de l'aire de pique-nique de Beau-soleil (sur les hauteurs de Saint-Claude).

Outre le fait qu'il gâcherait complètement le paysage et le plaisir de l'ascension, il y aurait aussi des problèmes de sécurité. Cliquez sur le lien ci-dessous pour en savoir plus et signer la pétition si vous le voulez.

Le lien !!

14 mai 2011

La fête au Bouc

Je viens de finir ce livre de Mario Vargas Llosa (le célèbre écrivain péruvien, Prix Nobel de littérature en 2010). Cela faisait un moment que je voulais le lire (depuis mon séjour en République Dominicaine en octobre 2008, en fait).

Il s'agit d'une fiction historique à propos de la dictature de Trujillo en République Dominicaine entre 1930 et 1961. Autant le dire tout de suite, il s'agit d'un véritable chef-d’œuvre. La structure y fait pour beaucoup. L'auteur alterne en effet trois points de vue : cela commence par un chapitre sur Urania, avocate dominicaine vivant à New York depuis une trentaine d'années et ayant fui son pays pour faire des études peu avant l'assassinat du dictateur. Elle revient à Santo-Domingo pour essayer de trouver des réponses aux questions qu'elle se pose auprès de son père, ancien officiel du régime. Puis, vient un chapitre sur Trujillo lui-même, mettant le lecteur au cœur de sa politique de folie et de paranoïa. Enfin, un troisième chapitre nous expose la situation des quatre conjurés qui ont assassiné ce dernier au moment où ils s'apprêtent à passer à l'acte. Les trois points de vue se répètent donc ainsi dans le même ordre tout au long du livre. Le dernier tiers déroge à cette règle, après l'assassinat de Trujillo. Les points de vue sont ainsi beaucoup plus nombreux (les conjurés isolés, certains officiels du gouvernement...). A noter, certains passages particulièrement durs dans ce dernier tiers.

Une autre particularité intéressante est l'entremêlement des narrations, parfois dans un même paragraphe, demandant un petit effort du lecteur sans que cela ne le gêne le moins du monde cependant. Le fait que le narrateur s'adresse aussi directement à ses personnages en les tutoyant contribue à cette originalité.

Mario Vargas Llosa s'est apparemment beaucoup documenté pour tenter de reconstituer ces événements avec le plus de véracité possible (cela reste une fiction cela dit), et nous en apprend énormément.

Fortement conseillé, donc.

29 avril 2011

Histoire de drapeaux en Guadeloupe

Pour ceux qui sont un peu attentifs, j'ai fidjeet comme localisateur de visites en widget en bas à gauche de mon blog. Le drapeau du pays où se situe le visiteur s'affiche donc, ainsi que sa ville (parfois approximativement me semble-t-il...). Cela fait maintenant plusieurs années que j'ai cet outil sur mon blog, et depuis le début le drapeau sélectionné pour la Guadeloupe ne laissait pas de me scandaliser. En effet, officiellement, la Guadeloupe est un département français, et en tant que tel, le drapeau officiel est le drapeau tricolore (c'est le cas lorsque la sélection régionale joue contre des équipes nationales). Cela dit, la Guadeloupe dispose d'un drapeau non officiel, sorte de blason régional (mais qui n'a rien à voir avec le drapeau du Conseil Régional !). Je l'avais déjà affiché dans un des tout premiers posts, mais pour les fainéants, le voici :

"De gueules aux cannes à sucre feuillées de sinople, au soleil rayonnant d'or brochant sur le tout ; au chef d'azur semé de trois fleurs de lys d'or".

Comme dirait le célèbre poète HAIRAL Dick.

Or, le site fidjeet utilisait jusqu'à présent le drapeau (non officiel également) de l'UPLG (mouvement indépendantiste guadeloupéen moribond, qui a eu son heure de gloire dans les années 70-80 -le cyclone Hugo ayant marqué son déclin et sa perte de crédibilité- avec quelques actions musclées). Voici ce drapeau, aux couleurs ma foi très communistes :

C'est donc avec joie que j'ai vu aujourd'hui que fidjeet avait enfin adopté le premier drapeau, qui n'est pas politiquement orienté comme ce dernier, et qui a le mérite d'être beaucoup plus joli et rassembleur. Il faut dire que je leur avais envoyé plusieurs e-mails leur expliquant la différence entre les drapeaux. Pour la Martinique, le site utilisait déjà le drapeau historique non officiel (bleu avec une croix blanche au centre, et un serpent trigonocéphale blanc dans chaque quart) plutôt que le drapeau du parti indépendantiste.

NB : Voici le drapeau du Conseil Régional de Guadeloupe :

28 avril 2011

Nouveau site du Poyo Surf Club

Lorsque j'avais parlé de mon club de surf précédemment, j'avais donné comme lien celui de l'ancien site internet, plus très actualisé. Voici le lien du nouveau site (enfin, quand je dis nouveau, ça date pas d'hier non plus...). Apparemment, l'ancien site est toujours disponible en ligne.

Au passage, le gwada-bloggeur apparaît sur une photo de ce nouveau site, à vous de le trouver ! Indice : contrairement à mon habitude, je ne fais pas de geste avec les doigts (ni shaka, ni wes' coas'...).

15 avril 2011

Caribulles 2011

Samedi dernier, nous sommes allés au Fort Delgrès à Basse-Terre pour faire un tour au festival Caribulles. Il y avait déjà eu une édition l'an dernier, après douze années d'interruption. Il s'agit en fait de stands vente de bandes-dessinées, souvent en rapport avec les Antilles, d'auteurs locaux mais pas seulement. Il y avait également, comme pour tout festival BD digne de ce nom, des auteurs en dédicace, dont Pancho (le caricaturiste de France Antilles), Lucien Rollin (dessinateur de la BD Ombres), Bruno Le Floc'h (dessinateur de Chroniques Outremers).

Nous avons acheté deux ouvrages, puis les avons fait dédicacer par les dessinateurs présents : le tome 2 du manga local Les îles du vent (dessiné par l'Alsacienne Elodie Koeger, scénario et références locales par Hector Poullet), et la BD réaliste Lettres d'outremer d'Eric Warnauts, dont je recommande fortement la lecture. Cette BD, datée de 2005, raconte le séjour d'un métro en Guadeloupe après le décès de sa femme.

Les deux dédicaces sont bien sympathiques, et les deux dessinateurs de même !

01 avril 2011

L'Habitation Grand Maison

Il n'y a rien que j'aime autant que visiter les anciennes habitations... Dimanche dernier, en revenant du Musée du Café (voir post précédent), nous nous sommes arrêtés à l'Habitation Grand Maison, située dans la section Petit Carbet à Trois-Rivières. J'en avais vaguement entendu parler une première fois par un collègue qui habite non loin et qui m'avait dit qu'elle était abandonnée et que personne n'y vivait. Par la suite, l'existence de cette habitation m'avait été rappelée par la dame qui nous avait fait la visite de l'Habitation Bois Debout lors des Journées du Patrimoine en septembre 2010. Cette dame est liée à la famille propriétaire de l'Habitation Bois Debout, et avait évoqué son enfance dans l'Habitation Grand Maison, et le fait qu'elle regrettait qu'elle fût maintenant laissée à l'abandon.

Nous nous sommes donc arrêtés et garés à proximité, avons marché le long d'un chemin, et avons pu jeter un œil à la demeure et à la propriété (sans entrer à l'intérieur cela dit, un panneau "port du casque obligatoire" nous en ayant dissuadés...). La maison en elle-même n'est pas très jolie, mais le site est agréable comme vous pouvez le voir sur les photos. Et il était assez émouvant de voir ce lieu porteur d'histoire.

Pardonnez encore une fois le flou de ces photos, malgré les retouches effectuées.

30 mars 2011

Le Musée du Café

Cela fait un moment que nous voulions aller visiter le Musée du Café à la sortie de Vieux-Habitants (section le Bouchu). Il s'agit d'un petit musée situé dans l'usine de production du fameux café Chaulet. L'émission de Thalassa de vendredi dernier (voir post précédent), dans laquelle Georges Pernoud rencontrait Philippe Chaulet, nous a poussés à aller y jeter un œil.

Le musée est un joli bâtiment assez neuf, avec des panneaux très bien faits présentant les différentes étapes de la fabrication du café. A l'entrée, on nous avait donné un petit quizz auquel il fallait répondre durant la visite... j'espère que nous serons tirés au sort, car je sais que nous avons fait tout juste ! A la fin de la visite, une dégustation de ce très bon café local, entièrement récolté à la main (eh oui, les cafés en provenance de gros pays exportateurs sont faits à partir de cerises récoltées par machine... on y trouve donc des cerises mûres, des cerises pas mûres, des feuilles, des insectes... glup !). Pour toutes les photos de ce post (et du prochain, d'ailleurs) pardonnez le léger effet de flou à la ferrero rocher non voulu, mais mon objectif était un peu taché (traces de doigts).

Un panneau devant l'entrée du musée.

L'entrée du musée.

Les plateaux amovibles pour faire sécher les grains de café (on peut les glisser sous la maison en cas de pluie et la nuit).

La petite cour intérieure.

Une galerie bien sympa.

Les machines à emballer !

Pour finir, il y avait une salle avec une vitrine dans laquelle on pouvait voir de vieux moulins à café. En voici un.

26 mars 2011

Thalassa en Guadeloupe

Lors de l'émission d'hier (vendredi 25 mars 2011), l'équipe de Thalassa était en Guadeloupe. Les reportages, eux, n'avaient rien à voir avec notre archipel. Mais entre chacun d'eux, on pouvait voir Georges Pernoud arpenter le sol guadeloupéen et rencontrer divers personnages. A noter : pour la séquence avec Brother Jimmy (sur le port de pêche de Lauricisque, à Lapwent), vous ne me verrez pas mais j'ai assisté à une partie du tournage (par hasard !). J'ai pu serrer la pince de Georges Pernoud, et checker le poing de Brother Jimmy.

Ici, la vidéo. Malheureusement, elle ne semble pas fonctionner. Je voulais indiquer les passages parlant de la Guadeloupe, mais ce sera pour plus tard, j'espère. Attention, dans tous les cas, la vidéo ne sera disponible que jusqu'à vendredi 01er avril.

Ajout du 27 mars 2011 :

La vidéo de l'émission ne marchant toujours pas sur le site de Thalassa, vous pouvez la voir ici. Voici donc les passages à propos de la Guadeloupe :

- à 00:00:00
- à 00:23:08
- à 00:38:40
- à 00:56:20 (avec Brother Jimmy !)
- à 01:10:42
- à 01:43:19

22 mars 2011

Nuage radioactif en Guadeloupe

Suite à la catastrophe nucléaire au Japon, le nuage radioactif est passé au-dessus des Antilles hier lundi 21 mars. Petite illustration de Pancho parue dans France Antilles, histoire d'en rire plutôt que d'en pleurer...

10 mars 2011

L'Année des outre-mer au Jardin d'acclimatation

Lu dernièrement dans un article du Monde : le Jardin d'acclimatation de Boulogne accueillera une des manifestations de l'Année des outre-mer. Or, nous apprend cet article, ce lieu a servi entre 1877 et 1931 de zoo humain, dans lequel les peuplades dites primitives (tribus africaines, amérindiens de Guyane, kanaks de Nouvelle-Calédonie...) étaient parquées derrière des grilles et devaient mimer des scènes de la vie quotidienne pour les badauds en robe à crinoline et chapeau haut-de-forme.

A l'heure des symboles à tout va, de la reconnaissance de la culture des peuples des outre-mer, et surtout de la communication moderne, il me paraît plus que maladroit d'avoir choisi un tel lieu. Là, il y a quelqu'un qui, clairement, n'a pas fait son travail !

14 février 2011

Dans la ville des veuves intrépides

Une amie m'a prêté ce livre que je viens tout juste de terminer. Je ne connaissais absolument pas son auteur, James Cañon, un Colombien installé à Barcelone, ayant fait ses études aux Etats-Unis et écrivant en anglais. Je savais juste (d'après cette amie et la quatrième de couverture) qu'il s'inscrivait dans la lignée de Gabriel Garcia Marquez, dont j'avais déjà lu plusieurs livres.

Et cet opus est en effet un savant mélange entre réalisme cru (comme de nombreux romans espagnols ou sud-américains) et poésie magique. Il s'agit de l'histoire d'un village qui se retrouve vidé de ses hommes du jour au lendemain, suite à l'arrivée de guérilleros qui les recrutent de force pour faire la révolution et prendre le maquis. Après un temps de prostration passé à ne rien faire, les "veuves" (puisque les femmes du village comprennent que leurs hommes ne reviendront certainement jamais) élisent une maire et commencent à s'organiser pour faire subsister le village vaille que vaille, et fonder une sorte d'utopie féminine. Le livre est ainsi découpé en 14 chapitres, chacun présentant une histoire à propos d'un des personnages. On pourrait presque voir un recueil de nouvelles dans cette structure très agréable à lire. Les chapitres s'enchaînent, développant les personnages principaux, leur passé, la manière dont ils considèrent cette nouvelle situation, leur façon de vivre, tout en tissant en même temps un véritable ensemble cohérent. Bref, je ne me suis pas ennuyé une seule minute !

Un petit extrait tout de suite.

"Le lendemain matin du jour où les coqs cessèrent de chanter, Rosalba se précipita hors de chez elle pour enquêter sur le temps. Elle portait sa robe du dimanche, qui, après tant de dimanches, n'était plus blanche comme lait mais jaune pâle et effrangée aux manches. Il s'était passé tant de choses récemment qu'elle ne savait plus très bien combien de jours ou de nuits s'étaient écoulés, et s'habiller pour un dimanche lui semblait correct. Elle avait choisi de rester fidèle à la méthode conventionnelle de calcul des jours et des nuits, car elle avait le sentiment qu'il était de sa responsabilité d'enregistrer les événements au moins d'après la couleur du ciel. Un chien blanc qui se grattait les puces au milieu de la rue principale sembla la conforter dans sa conviction que tout allait bien à Mariquita. Alors, qu'est-ce que ça pouvait donc faire que ces stupides coqs ne veuillent pas chanter ? pensait-elle en arpentant les rues. Si nous avons appris à vivre sans hommes, nous pouvons apprendre à vivre sans coqs. A cet instant, elle aperçut une femme nue qui courait vers elle."

13 février 2011

Orange Open Guadeloupe

Du 12 au 20 mars prochain se tiendra en Guadeloupe (a priori au tennis club de la marina) un tournoi de tennis important (classé "challenger", doté de 100 000 $ !). Il s'agira du plus gros événement de tennis jamais organisé dans les Caraïbes. Arnaud Clément, Paul-Henri Mathieu, Gianni Mina devraient y être. On espère aussi voir la Monf'... (Gaël Monfils). Je n'ai pas trouvé beaucoup d'informations sur ce tournoi (même sur le site local de la Ligue !), excepté cet article de L'Equipe, repris par nombre de médias.

Sur la photo, courts de tennis au Gosier.

08 février 2011

Domino

Tel est le titre d'une mini-série diffusée en ce moment sur Guadeloupe 1ère (ex RFO), tous les soirs de la semaine à 20h05. Je l'ai vue pour la première fois hier, mais je ne sais pas trop depuis quand cela passe à la télé.

Elle retrace les aventures d'un couple mixte (couple "domino") aux Antilles, et est écrite par les deux acteurs. L'actrice, Laurence Joseph, a été un temps une excellente miss météo fin 2010.

La source d'inspiration est bien sûre toute trouvée, "Un gars, une fille", mais les situations et les confrontations entre le jeune-homme métro et la jeune-femme antillaise sont plutôt amusantes. Voici un épisode que j'ai trouvé sur internet. Bon, encore une fois, au vu du sous-titrage, la conjugaison du présent de l'impératif est assez floue.

30 janvier 2011

Le Partage des eaux

J'avais déjà lu deux livres du Cubain Alejo Carpentier : Le Royaume de ce monde et Le Siècle des Lumières. Les ayant fortement appréciés, je n'ai pu que me laisser tenter par cet autre livre. Si le premier parlait d'Haïti, le deuxième de la Guadeloupe, celui-ci se situe au Vénézuela.

Alejo Carpentier l'a écrit en 1953, après avoir passé plusieurs années dans ce pays d'Amérique du Sud. Il y raconte l'histoire d'un compositeur d'origine cubaine vivant à New York qui en a marre du train-train de son quotidien et qui accepte la mission du Conservateur d'un musée : aller dans la forêt amazonienne pour récupérer des instruments de musique amérindiens. A aucun moment de l'histoire New York ni le Vénézuela ne sont nommés, mais on devine facilement.

Abandonnant sa femme et son métier, le narrateur se retrouve donc embarqué dans une série d'aventures, accompagné par sa maîtresse : il arrive tout d'abord dans la capitale, qui voit une révolution éclater le jour-même ! Puis, il part dans l'intérieur du pays, passe par de petits villages, fait la rencontre d'une Amérindienne dont il tombe amoureux et, après un voyage sur le fleuve Orénoque, se retrouve dans un village perdu dans la jungle, fondé par un missionnaire, sorte de Thélème ou d'Eldorado sud-américain(e).

Cette histoire pourrait être un énième et banal récit du retour à l'essence même des choses, de fuite du monde civilisé pour retrouver l'état de nature originel et, par là même, se retrouver. Certes, il est question de tout ça, mais l'auteur évite l'écueil du manque d'originalité grâce à un style magistral, fait d'images foisonnantes et de références musicales et culturelles, définissant ainsi une cosmogonie propre. Ce faisant, il donne non seulement un nom à toute chose, mais également un rythme, une musicalité. En voici un extrait.


"Chacun s'isola dans le creux de son hamac. Le coassement de crapauds-buffles envahit la forêt. Des fuites, des glissades, emplirent les ténèbres de frémissements. Quelqu'un, je ne savais où, se mit à essayer l'embouchure d'un hautbois. Un cuivre grotesque rit au fond d'un cours d'eau. Mille flûtes à deux notes, aux différentes tonalités, se répondirent à travers le feuillage. Puis ce furent des peignes en métal, des scies qui mordaient des bûches, des languettes d'harmonicas, des trémolos et des stridulations de criquets, qui semblaient couvrir la terre entière. Il y eut comme des cris de paon, des borborygmes errants, des sifflements qui montaient et descendaient, "des choses" qui passaient sous nos hamacs, collées au sol, qui plongeaient, martelaient, craquaient, hurlaient tels des enfants, hennissaient sur le sommet des arbres, agitaient des sonnailles au fond d'un trou. J'étais étourdi, effrayé, fiévreux. Les fatigues du voyage, la tension nerveuse, m'avaient exténué. Lorsque le sommeil vainquit la crainte des menaces qui m'entouraient, j'étais sur le point de capituler, de crier ma peur, pour entendre des voix humaines."

28 janvier 2011

Exposition "Pirates et Flibustiers des Caraïbes"

Ca y est, nous avons pu nous rendre au Fort Delgrès pour voir cette exposition tant attendue. Après un avant-goût, un aller-retour infructueux (Fort fermé) quelques coups de fil (ici, il faut appeler !), nous sommes allés voir cette exposition sympathique lundi dernier. Au menu : des panneaux explicatifs et instructifs sur l'histoire de la flibuste, des reproductions d'illustrations de dessinateurs américains parues dans divers livres (dont des éditions de L'Île au trésor), des vieilles cartes (j'adore !), un film (genre documentaire du dimanche après-midi) sur les pirates et Barbe Noire, quelques objets disséminés çà et là, des maquettes de bateaux...

Rien d'exceptionnel, mais quelques informations intéressantes historiquement. Voici quelques photos.

De vieilles cartes bien illustrées. Sur la seconde, on peut voir, aux quatre coins et pas dans l'ordre : Colomb, Cortès, Pizarro et Vespucci.


Une jolie illustration.

Un pirate en garde-à-vue.

En exclusivité en Guadeloupe : le trésor de Rackham le Rouge !

Une autre illustration que j'aime bien.


Maquettes, illustrations, objets : voilà en quoi consiste cette exposition.

Etre ou ne pas être un pirate...

13 janvier 2011

Sarkozy et les élus locaux

On le savait déjà, la Guadeloupe est un très bel archipel, mais aussi très sale. C'est d'ailleurs la première chose qui frappe pour toute personne arrivant ici pour la première fois : "C'est beau, mais c'est sale !".

Lors de son passage en Guadeloupe pour présenter ses voeux à l'outre-mer, Nicolas Sarkozy a dit que l'Etat se substituerait aux élus locaux si ceux-ci ne faisaient pas leur travail dans ce domaine. A l'heure du développement endogène, de la volonté de plus d'autonomie, ce n'est pas très sérieux...

Lire ici l'article du France-Antilles d'aujourd'hui.

Sur la photo, de gauche à droite : Victorin Lurel (président du Conseil Régional), Jacques Gilot (président du Conseil Général), Jean Fabre (Préfet), Nicolas Sarkozy (le même que là-bas).

07 janvier 2011

La Traversée du milieu

Que ceux (et ils sont nombreux...) qui suivent mon blog pour les "critiques" littéraires se rassurent, je n'ai pas arrêté de lire ! Il est vrai que mon dernier post littérature doit dater d'il y a à peu près un an (je préfère ne pas vérifier...). Alors, cela ne veut pas dire que je n'aime plus lire, mais simplement que j'ai lu d'autres livres qui n'ont pas vraiment de rapport avec la Guadeloupe ou la Caraïbe. J'ai notamment fini fin décembre la lecture des sept denses volumes d'A la Recherche du temps perdu de Proust, ce qui m'a tout de même pris les bons deux-tiers de l'année 2010.

L'année 2011 commence donc en fanfare, avec un sujet sur La Traversée du milieu (The Middle Passage en langue originale) de Vidiadhar Surajprasad Naipaul (que l'on connaît plutôt sous le nom de V.S. Naipaul), écrivain britannique originaire de Trinidad (île anglophone tout au sud de l'arc antillais, au large des côtes vénézuelliennes, là où calypso, soca et steel bands sont nés). Il fait partie du cercle très fermé des écrivains de la Caraïbe ayant obtenu le Prix Nobel de littérature (en 2001 pour lui, en 1960 pour le Guadeloupéen Saint-John Perse et en 1992 pour le Sainte-Lucien Derek Walcott).

La Taversée du milieu (publié en 1962, traduit en français en 1994) n'est pas un ouvrage de fiction, il s'agit d'un récit de voyage autobiographique (le narrateur est appelé à plusieurs reprises "Mr. Naipaul"), rendant compte d'un tour de la Caraïbe effectué par l'écrivain en 1960 lors de son retour à Trinidad après avoir passé plusieurs années en Grande-Bretagne. Il se divise en cinq chapitres, cinq étapes du voyage : "La traversée du milieu" (cette expression fait référence à la traversée de l'Atlantique effectuée par les esclaves, par les migrants partant tenter leur chance en Grande-Bretagne, et par Naipaul retournant à Trinidad), "Trinidad", "La Guyane britannique", "Surinam", "La Martinique" et "En route vers la Jamaïque". Dans chacun de ces chapitres, Naipaul brosse le portrait des habitants et des sociétés rencontrés.

Ce qui frappe tout de suite, c'est que ce sont des portraits sans concession, voire même plutôt pessimistes. Dans chaque chapitre, chaque peuple rencontré présente certes des qualités, mais l'auteur est particulièrement sévère avec les habitants de la Caraïbe de manière générale : il fustige l'esprit colonial, le racisme des locaux, leur indolence et leur paresse, l'américanisation à outrance, l'incapacité d'exorciser et de surmonter le péché originel de l'esclavage, le mépris des métropoles... la liste serait longue, et je ne vais pas faire un résumé de chaque chapitre. Par contre, je peux faire une liste de chaque lieu visité, selon le sort qui lui réservé (du portrait le plus négatif au moins négatif !) :

1) La Jamaïque (colonie britannique à l'époque)
2) Antigua (visité dans le dernier chapitre ; colonie britannique à l'époque)
3) La Guyane britannique (actuel Guyana, colonie britannique à l'époque)
4) Trinidad (colonie britannique à l'époque)
5) Le Surinam (colonie hollandaise au moment où il écrit)
6) La Martinique (déjà département français à l'époque)

Eh oui, c'est la Martinique qui s'en sort le moins pire ! V.S. Naipaul semble voir les côtés positifs de la départementalisation et de l'assimilation réussie, non sans pointer du doigt tous les travers des Martiniquais, de leur société et de la relation quasi exclusive avec la France. J'aimerais bien avoir son avis de nos jours, lorsque l'on voit certains résultats de cette départementalisation. Il loue également la culture et le savoir-vivre des Martiniquais, non sans dénoncer leur pitoyable accueil.

J'aimerais aussi connaître son point de vue actuel sur le Surinam, duquel il vante la bonne cohabitation entre les catégories sociales et raciales, lorsque l'on sait ce qui s'est passé dans ce pays six mois après l'indépendance (pour résumer : un bon tiers de la population (les élites bourgeoises et intellectuelles) a fui vers les Antilles Néerlandaises ou la Hollande, et une dictature a suivi immédiatement).

Par ailleurs, dans chaque chapitre, l'auteur, d'origine indienne, est attentif au sort qui est réservé aux émigrés indiens arrivés à la fin du XIXème siècle. Les constats sont, là aussi, variés mais plutôt négatifs.

Pour finir, voici quelques extraits que j'ai sélectionnés (pour ceux qui auront eu la patience de me lire jusqu'ici). Tout d'abord, voici un passage concernant l'histoire des Antilles, dans le premier chapitre :


"Comment l'histoire de cette inutilité antillaise peut-elle être écrite ? Quel ton adoptera l'historien ? Sera-t-il aussi académique que Sir Alan Burns, protestant de temps à autre contre quelque brutalité, et plaçant la brutalité antillaise dans le contexte de la brutalité européenne ? Mettra-t-il en balance, comme Salvador de Madariaga, un ensemble de brutalités avec un autre, pour conclure que l'un n'a pas été décrit dans toute sa noirceur, et que cela est injuste pour l'Espagne ? Fera-t-il preuve, comme les historiens antillais, qui commencent juste à pouvoir envisager leur histoire, du détachement le plus froid pour raconter l'histoire de la traite des esclaves comme si ce n'était qu'un aspect parmi d'autres du système mercantile ? Il ne pourra jamais y avoir de manière satisfaisante de raconter l'histoire des îles. La brutalité n'est pas la seule difficulté. L'histoire se bâtit autour de ce qui est accompli et créé ; et rien ne fut créé aux Antilles."


Un passage sur la Martinique :


"Si les français ont exporté leur civilisation à la Martinique, ils ont également exporté leur structure sociale. Les préjugés sociaux rigides de la bourgeoisie métropolitaine se sont fondus avec les distinctions raciales dérivées de l'esclavage pour produire la société la plus organisée des Antilles. Dans cette société l'éducation, l'argent et la culture importent, mais le sang noir est pareil à une vulgarité indéracinable, la marque d'une ascendance esclave ; et dans cette société, dont le seul modèle est le bourgeois français, les préjugés sociaux (qui peuvent être des préjugés raciaux) ont leur importance. [...] Je n'ai jamais pu m'habituer à entendre des Martiniquais de couleur dire, exactement comme certains Français : "La place de ce foutu juif est au ghetto." "


Enfin, deux passages conclusifs dans le dernier chapitre, que j'aime particulièrement :


"Je voyageais depuis sept mois. Je commençais à me fatiguer. A la Jamaïque, les annotations sur mon journal se firent de plus en plus courtes puis s'arrêtèrent tout à fait. Rien de neuf à consigner. Chaque jour, je voyais les mêmes choses -chômage, laideur, surpopulation, racisme- et chaque jour j'entendais les mêmes arguments qui se mordaient la queue. Les jeunes intellectuels, dont les dons avaient été développés pour enrichir une société stable en développement, parlaient et parlaient et devenaient fous de frustration. Ils cherchaient un ennemi, et il n'y en avait pas. Les pressions à la Jamaïque n'étaient pas simplement les pressions de la race ou de la pauvreté. C'étaient les pressions accumulées de la société esclavagiste, de la société coloniale, d'un pays agricole sous-développé et surpeuplé ; et elles échappaient au contrôle de quelque "leader" que ce soit. La situation ne requérait pas un leader mais une société qui se comprît elle-même et eût un but et une direction. Elle ne faisait que générer l'égoïsme, le cynisme et une rage auto-destructrice."

"Le Dr Arthur Lewis a fait la distinction entre les leaders "protestataires" et les leaders "créatifs" dans les sociétés coloniales. C'est une distinction dont les Antilles ont encore à peine conscience. Aux Antilles, pourvues d'une classe moyenne importante et de talent en abondance, le leader protestataire est un anachronisme, et un anachronisme dangereux. Pour les masses incultes, promptes à réagir aux incitations raciales, qui prennent un plaisir enfantin aux gestes destructeurs, le leader protestataire sera toujours un héros. Les Antilles ne manqueront jamais de tels leaders, et le danger de la loi du nombre et de l'autoritarisme ne cessera jamais d'être réel. Le paternalisme de la domination coloniale aura été remplacé par la politique sauvage des récompenses et de la vengeance, conditions exemplaires du chaos".



Bref, un livre que je conseille.
Pas sûr qu'un portrait 2011 soit plus reluisant.

04 janvier 2011

La Guadeloupe solidaire : il fait froid !

Enfin, tout est relatif... Un gros nuage plein de pluie nous passe dessus (il couvre tout l'arc antillais nord : des Îles Vierges jusqu'à la Dominique) depuis dimanche nuit, et jusqu'à demain soir a priori.

Cette pluie continue toute la journée d'hier, en plein pendant la saison où les températures sont les moins chaudes, ajoutée à pas mal de vent, a fait qu'une certaine sensation de froid prédominait ! Et pourtant, comme vous pouvez le voir sur le premier sujet du journal télévisé d'hier soir, les températures étaient de 20° minimum (sauf sur Saint-Claude). En partant au travail hier à 6h30, il faisait 22 au thermomètre de ma voiture. Mais en fait, les températures n'ont pas vraiment augmenté de la journée, d'où ce "froid". On a vu des gens porter écharpes et sweat-shirts (et même quelques vestes polaires ! Si, si !).

30 décembre 2010

Evolution institutionnelle de la Guadeloupe

En 2014, lors de la réforme territoriale, la Guadeloupe (région monodépartementale comme tous les DOM, je le rappelle) verra ses Conseil Régional et Général fusionner en un seul Conseil Territorial. Actuellement, nous avons 41 conseillers régionaux et 40 généraux. A partir de 2014, ce nombre sera non plus de 81 mais de 43 comme le veut le ratio appliqué au niveau national.

Lors d'un récent congrès, les élus de la Guadeloupe viennent de décider de proposer deux évolutions préalables au Gouvernement : que le nombre de conseillers soit non pas de 43 mais de 65, et que le mode de scrutin soit mixte (uninominal et scrutin de liste à la proportionnelle) et non pas seulement uninominal. Ces élus commencent à s'inquiéter de perdre leur place de conseiller...

Assisterions-nous à la Gbagboïsation de notre classe politique ?

25 décembre 2010

Comment bien digérer après les fêtes.

Eh bien, il faut venir vivre en Guadeloupe, le péyi où la vie est plus chère et les rayons parfois vides.

Cela dit, Joyeux Noël à toi, fidèle lecteur du Gwadiary.

18 décembre 2010

Le Poyo Surf Club dans Surf Session

Dans le dernier numéro de Surf Session (enfin, le dernier que nous avons reçu ici, dans ce que l'on appelle les DOM, vous savez, cette vaste région où, lorsque l'on achète un magazine, le prix est indiqué sur le côté avec un supplément de 70 centimes ? Donc, celui de novembre), on pouvait trouver un petit guide (je n'ose dire un "booklet") spécial Trip (je n'ose dire "voyage"), des destinations surf au climat plus clément que celui de la côte basque en hiver. Eh bien, pour la région Caraïbe, ce livret conseille la Guadeloupe seulement ! Yes i, ou ja konnèt ! Bon, la Barbade a aussi de bonnes vagues...

Par ailleurs, il y a quelques conseils pour des surf clubs ou des surf camps, et le Poyo Surf Club en fait partie (riprizent Bana !). Voici les deux articles concernés et scannés.

Au passage, un grand bravo au Réunionnais Jérémy Florès, premier Français (voire Européen je crois) à remporter une épreuve du circuit pro WCT, hier à Hawaii (spot de Pipeline) après avoir éliminé Kelly Slater en demi.

14 décembre 2010

14 décembre : LKP ou LpaKP ?

Eh bien, d'après mon ressenti sur le terrain, et les infos à la télé, ce serait plutôt LKPétard mouillé... Ce matin, sur la route pour aller travailler, plein de gens dans leur voiture allant étrangement au boulot, pas un gendarme en vue, même au rond point des Mineurs à l'entrée de Capesterre. Une matinée de travail comme une autre... Et aux infos de 13h, confirmation. Outre les 4 000 (selon qui vous savez) à 20 000 (selon qui vous savez aussi) manifestants dans les rues de PAP contre 80 000 en 2009, pas un magasin fermé, pas une administration ne fonctionnant pas (ce que confirme un des commentaires de mon post précédent). Calme plat. Louis XVI eût écrit : "14 décembre 2010 : Rien". Et il eût eu raison cette fois-ci, le bougre !

Alors, bon, on n'est encore à l'abri de rien. Surtout que la Sous-Préfecture a l'air de jouer avec le feu, en ayant refusé de recevoir les représentants du LKP ce matin.

Cette fois-ci, les Guadeloupéens ont pris leurs précautions : plein d'essence (presque aucune station fermée ce matin...) et frigo richement garni pour les fêtes. Parlons-en des fêtes : je pense aussi que personne dans ce péyi-lasa ne veut les manquer après avoir manqué un Carnaval en 2009. Et puis les gens, même s'ils ont pu être d'accord avec les idées défendues, en ont eu marre des méthodes extrémistes et de la rhétorique malsaine.

Maintenant, faudrait aussi voir à appliquer les points de l'accord de 2009 qui ne le sont pas encore, ce serait quand même plus réglo. Et puis aussi régler tous les autres problèmes du même coup, tant qu'on y est (houla !).

10 décembre 2010

Grève LKP du 14 décembre : J-4 !

Suspense, suspense... le LKP a annoncé une grande mobilisation (une grève générale bis, en gros) pour ce mardi 14 décembre. Les avis sont partagés sur l'île : marchera, marchera pas ? En tout cas, cette menace ne laisse pas de poser une trâlée de questions :

- battrons-nous le record des 44 jours de grève de début 2009 ?
- les têtes pensantes du LKP ont-elles déjà reçu leur container perso de denrées alimentaires, et ont-elles déjà inscrit leurs rejetons à l'école en France pour éviter qu'ils ne gâchent leur scolarité comme les autres petits Guadeloupéens ?
- les médias nationaux mettront-ils 2 semaines à se rendre compte qu'il se passe quelque chose ?
- la Guadeloupe survivra-t-elle à cet éventuel nouveau blocage économique et institutionnel ? Pendant ce temps, l'Ile Maurice, la République Dominicaine, les Maldives, les Seychelles et Saint-Martin récupèrent nos touristes. C'est ça la solidarité insulaire.
- le site officiel du U.S Department of State déconseillera-t-il de nouveau à ses ressortissants de se rendre en Guadeloupe pendant 5 mois, pour cause de situation insurrectionnelle ?
- les yaourts La Laitière passeront-ils en dessous des 9 euros à l'issue de cette grève (petite parenthèse : pack de 4 yaourts nature La Laitière prix Guadeloupe : autour de 9 euros ; prix Saint-Martin : autour de 3 euros...) ? Il est quand même là le vrai scandale : nous priver des produits La Laitière...

Allez, bon courage à tous, je vais faire le plein et remplir mon frigo pour soutenir le siège.

07 décembre 2010

Action de Surfrider Foundation Europe en Guadeloupe

Voici le dernier bulletin de Surfrider Foundation. Il y est question de la Guadeloupe.

Aujourd’hui, Surfrider renforce ses activités en Outre-Mer. Les écosystèmes tropicaux, les récifs coralliens sont menacés par les activités humaines. Il est donc essentiel de développer actions et expertise sur ces territoires exceptionnels. Sans oublier que, là aussi la qualité de l’eau des zones d’activités nautiques ne fait l’objet d’aucune surveillance.

Le point de départ sera la Guadeloupe.

L’association y est bien représentée et les actions menées par notre antenne locale ont permis une reconnaissance de notre travail. Et puis, le contexte local appuie fortement la nécessité de mettre en place un laboratoire Surfrider. Des eaux chaudes et cristallines, mais une réalité moins reluisante. Problèmes d’assainissement, pesticides, réseaux vétustes, contribuent à une dégradation de la qualité des eaux littorales. Les témoignages de notre antenne locale sont sans appel : affections de la sphère ORL, gastro-entérites, problèmes de peau sont le lot quotidien des surfeurs locaux. Le projet est en bonne voie, et si nous obtenons les financements nécessaires, le lancement devrait se faire début 2011. La surveillance qualité de l’eau sera la priorité de notre laboratoire mais parallèlement à ce travail d’autres actions seront développées. Par exemple la question des déchets aquatiques reste, elle aussi, cruciale dans une île où le tri sélectif n’a fait son apparition que fin 2010.

auteur et crédit photo: Olivier Barrière
Responsable environnement, Surfrider Foundation Europe

06 décembre 2010

Oh le vieux week-end sportif !

Ben oui, la preuve par trois et dans l'ordre chronologique :

- Tennis : défaite de la France en finale de Coupe Davis face à Djoko... pardon, face à la Serbie.

- Football : défaite de l'Olympique de Marseille face à Nice au stade de la raie lors du derby des fadas du Sud.

- Football' : défaite des Gwada Boys en finale de la Digicel Caribbean Cup 2010 face aux Reggae Boyz (Jamaïque) aux tirs-aux-buts (1-1 à l'issue du temps réglementaire).

Y'a des week-ends comme ça, on préférerait être en semaine, bosser, et parler politique.

Ou presque.

03 décembre 2010

Digicel Caribbean Cup 2010 : la Guadeloupe en finale !


Pour la première fois de son histoire, la sélection de la Guadeloupe de football est en finale de la Digicel Cup ! Je rappelle qu'il s'agit d'une compétition régionale entre les équipes de la Caraïbe, qui a lieu à peu près tous le deux ans (quelques éditions ont été annulées à cause de problèmes financiers).

Cette année, la phase finale de la compétition se déroule en Martinique, et les Gwada boys sont sortis de leur poule à l'italienne, en faisant match nul contre le modeste Guyana, puis en perdant contre la Jamaïque (épouvantail régional et tenant du titre), et enfin en gagnant sur le fil contre Antigua-et-Barbuda. Ils ont ainsi accédé au dernier carré, se qualifiant du même coup pour la Gold Cup 2011 (je rappelle là aussi : il s'agit de l'Euro version zone CONCACAF -Amérique du Nord, Amérique Centrale et Caraïbe-). Les trois autres demi-finalistes, et donc qualifiés aussi, sont la Jamaïque, Cuba et Grenade.

Cet après-midi, la Guadeloupe a battu Cuba en demi-finale, 2-1, et rencontrera le vainqueur du match Jamaïque-Grenade dimanche.