27 février 2016

Coupe Davis France-Canada, ils sont là !

L'équipe de France de tennis est arrivée mercredi en Guadeloupe. Vivement le week-end prochain, j'ai mes billets ! Petite photo prise dans France Antilles.


28 novembre 2015

L'habitation La Mahaudière

Pour les journées du patrimoine en septembre, je suis comme souvent allé visiter un lieu qui n'est pas ouvert au public en temps normal. Cette année, l'habitation La Mahaudière sur la commune d'Anse-Bertrand. La visite était assurée par un historien de la DRAC, ainsi que par plusieurs lycéens du Lycée Hôtelier du Gosier dans le cadre de leur cursus. Tout cela s'est très bien passé, les jeunes faisant de leur mieux, woulo !

Cette ancienne habitation sucrière est désormais propriété du conseil général de la Guadeloupe, qui met un peu de temps à réhabiliter le site. Le moulin est notamment devenu une chapelle investie par des gens du coin qui y ont fait des travaux totalement illégaux. Apparemment, la justice a été saisie. Affaire à suivre... Il est bien que les gens se réapproprient un lieu historique et de mémoire, mais dans le respect des lois.

Ce lieu est aussi connu pour un procès retentissant en 1840 (voir le lien).

Il ne reste pas grand chose de l'habitation malheureusement. Voici quelques photos.
Le guide en pleine explication
Un morne, du vent, des éoliennes
Le moulin devenu chapelle
Quelques ruines investies par un figuier maudit

26 septembre 2015

Le Mémorial ACTe

Mieux vaut tard que jamais. Début juillet, je suis allé visiter ce nouveau musée lors de sa semaine d'ouverture (à 5 euros pendant quelques jours, après une première journée gratuite). Pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit du premier musée de l'esclavage dans la Caraïbe, situé sur l'ancien site de l'usine Darboussier à Pointe-à-Pitre. Ce musée est un des gros projets du conseil régional, et a suscité pas mal de polémiques avant son ouverture même : coût exorbitant de la chose, pseudo-historiens locaux tentant de refaire l'Histoire en disant que les Africains n'y étaient pour rien dans la traite négrière et que donc une telle information ne devait pas être montrée dans le futur musée... Bref, tout un tas de "malpalan", de "kok a bèl poz" essayant de se mettre en avant et de créer la polémique. De mon côté, j'attendais l'ouverture avec curiosité, et une bonne dose d'optimisme quand même !

Eh bien, je n'ai pas été déçu. L'architecture du bâtiment est plutôt belle, le site magnifique et bien aménagé (la boutique et le restaurant ne sont pas encore ouverts). Voici quelques photos de l'extérieur.
L'avant du bâtiment

Vers l'entrée

Vue sur la Basse-Terre et le Port Autonome à l'arrière du bâtiment

La queue pour entrer

L'arrière du bâtiment

La passerelle allant vers le morne de la mémoire
Quant à l'intérieur, il est organisé de manière historique et chronologique, les salles se succédant sur deux allées autour d'un couloir central. La visite dure environ 2h si on essaye de bien tout lire (j'avoue, je n'ai pas tout lu, mais je compte y retourner ! J'en ai laissé pour plus tard quoi...). La qualité de ces salles est inégale à cause d'une nécessaire vulgarisation pour que tout le monde puisse apprécier, mais l'ensemble est très moderne et bien fait. On y apprend pas mal de choses somme toute. Il y a même une salle à la gloire de la franc-maçonnerie... hum... la loge locale aurait-elle participé au financement ? Mystère...

Il est interdit de prendre des photos de l'intérieur, mais comme je suis un pirate de l'espace, en voici quelques-unes.
Une intéressante sculpture par un artiste contemporain

Une des salles

Idem. Le livre est projeté et on peut en tourner les pages à partir de la table. Bonjour madame...

Le couloir central avec les salles de part et d'autre
Ce musée n'est donc évidemment pas parfait, mais il a le mérite d'exister (nous n'avions rien de tel ici) et d'être bien conçu dans l'ensemble. Une visite que je conseille donc (15 € tout de même). Les jours de pluie, en Guadeloupe, il y a désormais autre chose que l'aquarium de la marina !

30 août 2015

L'île aux bokits

Retour sur le blog après quelques semaines de vacances. Apparemment, le mois d'août a été prolifique, puisque mon blog a eu plus de 5000 visites, record explosé ! Bon, la plupart étaient en provenance d'Irlande, ce qui me paraît louche... je soupçonne donc des visiteurs du genre spammers... Anyway, if my Irish visitors like my blog, i invite them to leave a comment ! This is a friendly blog, after all...

Sinon, une petite photo prise à Paris durant ces vacances, rue de Lappe dans le XIème arrondissement. Avec L'île aux bokits, la Guadeloupe est partout ! Bon, je n'y ai pas mangé, n'étant pas à Paris pour manger des bokits.


17 juillet 2015

Réintroduction du lamantin en Guadeloupe, suite (et pas fin...)

J'ai évoqué la réintroduction de cet animal à plusieurs reprises dans ce blog. Lu aujourd'hui même dans France Antilles : ça se complique, le dossier brésilien ayant achoppé. Du coup, tout est prêt, sauf les lamantins... Affaire à suivre...

07 juin 2015

06 juin 2015

Monsieur de Saint-George, par Alain Guédé

J'ai lu cette biographie il y a déjà quelques semaines, mais n'avais pas encore eu le temps de publier un post. Il s'agit d'une biographie très complète écrite par un journaliste du Canard Enchaîné, Alain Guédé, publiée chez Babel. Pour rappel, le Chevalier de Saint-George, de son vrai nom Joseph Boulogne (ou Bologne, comme la distillerie ; l'orthographe du nom n'est pas clairement fixée), est le fils d'une esclave et d'un planteur, né sur une plantation entre Basse-Terre et Baillif, et devenu un virtuose tant du violon que de l'épée. A la fin du XVIIIème siècle (j'ai une grande passion pour ce siècle...), il était considéré comme un des meilleurs violonistes et compositeurs d'Europe (Mozart s'en est en partie inspiré), et aussi comme le meilleur épéiste, à égalité avec le célèbre Chevalier d'Eon. Il participera également à la Révolution Française du côté des sans-culottes, et mourra trois ans avant que Napoléon ne rétablisse l'esclavage en 1802 (soit huit ans après sa première abolition en 1794). Il aurait également été le frère d'arme du général Dumas, père métissé du célèbre écrivain. Il a également donné des cours de musique à le reine Marie-Antoinette, et il me semble que l'on peut l'apercevoir dans le film de Sofia Coppola...Une vie romanesque s'il en est ! A quand le film... ? Bartabas a déjà fait un très bon spectacle équestre sur le Chevalier, en 2004 à l'occasion des fêtes de nuit du château de Versailles (Le Chevalier de St George : un Africain à la Cour).

En tout cas, cette biographie plutôt romancée est très bien documentée, le journaliste ayant fait un excellent travail de recherche tant en Guadeloupe qu'aux archives d'outre-mer d'Aix-en-Provence. Il  a même réussi à reconstituer un catalogue des compositions du Guadeloupéen sur le site https://saint-george.phpnet.org/html/catalogue.htm

Allez, un petit passage :

"Sa musique incarne une époque où l'on pense enfin que le premier devoir de l'homme sera d'être heureux. [...] Saint-George fait de la musique un art pictural. Mais le grand La Laurencie s'est sans doute -un peu- trompé lorsqu'il fait de Saint-George le Watteau de la musique. Joseph n'arrive sur le devant de la scène que bien après la mort du peintre. Et il est sans doute beaucoup plus proche d'un Boucher ou, surtout, du Fragonard des Fêtes galantes pour la grâce des thèmes et la légèreté des du trait. Mais il pourrait aussi s'assimiler à un Greuze -l'artiste favori de Diderot- par l'intensité de l'émotion que véhiculent ses passages mélancoliques. Deux siècles plus tard, sa musique est étrangement actuelle. Elle parle à la personne humaine et perce les âmes. Mais aussi elle développe des mélodies qui s'incrustent dans les esprits. Les musicologues ont longtemps expliqué le succès de La Flûte enchantée par le fait qu'après avoir entendu ses airs une seule fois, le spectateur pouvait les fredonner ou les siffloter aussitôt après le baisser du rideau. Ce que Wolfgang a réussi avec La Flûte enchantée, Joseph le répète à des dizaines de reprises. En  écoutant Mozart, on se prend à regretter que l'harmoniste ait parfois tué le mélodiste. Plus besoin d'harmonies savantes, même si elles restent présentes, chez Saint-George. Ses airs se gravent entre les oreilles, pour n'en plus sortir. Il s'implique dans sa musique. Il la fait virer, rire ou pleurer. Et plus que tout autre il annonce le romantisme."