28 août 2009

Pèp-la ??

Voici une réflexion du toujours très juste Jacky Dahomay (enfin, de mon point de vue...), parue dans le France-Antilles de ce matin:
"Décidément, comme disent certains théoriciens du politique, le peuple est vraiment introuvable! Est-ce comme le pensaient les pères fondateurs de la République, l'ensemble des citoyens administrés par un même État régi par une administration et une législation communes ? Dans ce cas, il y a un peuple français mais non un peuple guadeloupéen, car nous ne sommes pas gouvernés pas des institutions qui seraient radicalement indépendantes de celles de la France. On pourrait dire que nous sommes une nation mais sans État propre. Mais la nation peut-elle exister sans État ? Les premières nations qui se sont constituées dans l'histoire de l'humanité, notamment en Europe, ont dépassé la cité et l'empire grâce au renforcement de leur État sous la monarchie absolue. Les nations n'ont donc pas toujours existé et il y a eu d'autres formes d'identité collective que l'identité nationale.
Mais il y a bien eu un peuple caraïbe ignorant totalement l'Etat. Dans ce cas, nous entendons par peuple une communauté soudée par une culture, une histoire et un destin commun. C'est donc une définition anthropologique du peuple qui convient ici et nul ne saurait nier qu'il existe en ce sens un peuple guadeloupéen et un peuple martiniquais dans cette acception anthropologique et non politique du terme.
Cependant, l'actualité vient précipiter le débat autour de la notion de peuple. Pour l'État français, il n'y a qu'un peuple français, c'est-à-dire la communauté des citoyens formant la nation française et un Guadeloupéen en ce sens est aussi français qu'un Breton, car juridiquement, en tant que citoyen français, il a les mêmes droits politiques que tous les autres Français. La Constitution ne peut donc légitimement parler de peuples d'Outre-mer mais de populations d'Outre-mer. Mais n'est-ce pas du mépris pour nous, une non reconnaissance de nos spécificités voire de notre identité ? Car nous avons bien le sentiment de faire peuple. Or, qu'est-ce que faire peuple ? C'est à y perdre son créole, ou son français, si vous préférez. Car si nous sommes sûrs d'être un peuple, pourquoi vouloir « faire peuple » ? C'est que nous sommes peuple sur le mode de ne-l'être-pas ou de ne-l'être-pas assez. Nous ne voulons pas nous contenter d'être simplement un peuple anthropologique : nous voulons faire peuple politiquement.
Les choses alors se clarifient. Voilà un peuple anthropologique qui veut devenir un peuple politique. La solution ? L'indépendance bien sûr, la chose est claire. Or, nous voulons être guadeloupéens sans renoncer à la citoyenneté française. Qu'ils sont donc compliqués, ces Antillais, dira-t-on de l'Hexagone! Saurons-nous donc jamais ce qu'ils veulent ? Le peuple veut donc faire peuple politiquement, mais sans constituer une collectivité politique indépendante. Comment se sortir d'un tel imbroglio ? Consultez donc le peuple et il vous dira ce qu'il veut. Mais c'est précisément là où le bât blesse.
Avec les états généraux, le président de la République espère se débrouiller de tous ces problèmes que lui posent ces Dom quelque peu tumultueux. Il pense ainsi consulter les peuples ou plutôt les populations (on ne sait plus très bien) d'Outre-mer sur leur devenir. Fausse légitimité diront certains élus, c'est nous les représentants politiques du peuple guadeloupéen ou du peuple martiniquais et nous sommes dûment mandatés pour consulter notre peuple comme nous le faisons en Guadeloupe avec sa consultation quant à un projet guadeloupéen. Contrairement à leurs homologues martiniquais, nos élus veulent un projet qui vienne du peuple, élaboré par le peuple et sur lequel le peuple tranchera. Belle leçon tout de même de démocratie participative.
Non! disent Domota et les dirigeants du LKP. Le peuple c'est nous, pèp-la ; nous avons mis des dizaines de milliers de manifestants dans les rues et nous exprimons toutes les demandes du peuple donc nous sommes le peuple légitime. D'ailleurs les élections sont un piège à cons, les élus des pantins ou bwa bwa et la démocratie directe doit prévaloir sur la démocratie représentative. Je dois avouer que je m'y perds et que l'heure de ma retraite philosophico-politique a bientôt sonné. Faisons encore un effort même si nous nous sentons quelque peu « moribonds » pour reprendre une expression de Domota nous qualifiant.
Entre le peuple de Sarkozy et celui de nos élus, la question semble réglée car le président a déclaré solennellement que la position de nos élus est légitime et qu'il la respectera. Cela fait avancer les choses. Reste donc à choisir entre le peuple de nos élus et le peuple de LKP. Mais comment trancher ? J'avoue mon total embarras. Je suis persuadé que la solution ne sera pas purement intellectuelle. Si le LKP maintient sa position, on va donc vers un affrontement entre les deux peuples, chacun étant assuré de sa légitimité, un conflit entre deux peuples dans un même peuple, ce qu'on appelle au fond une guerre civile. Que faire ? La balle est dans ton camp, peuple guadeloupéen, source de la souveraineté, et tu as intérêt de te grouiller car il ne te reste que dix-huit mois pour trancher."

24 août 2009

La Gwadloup sé ta pon moun, la Gwadloup sé ta tout moun

Petit post de retour de vacances. Après six semaines passées sur une autre île (île de Manhattan, quelque part perdue en Amérique du Nord, mon énième séjour là-bas), le retour en Guadeloupe ne se fait pas sans quelques observations.

Tout d'abord, les îles des Antilles se veulent des creusets multiculturels. Allons prendre des leçons sur cette autre île, où certes les communautés sont pour beaucoup installées par quartier (Chinois, Coréens, Africains, Latinos, Russes, Indiens, Juifs...), mais où on a vraiment l'impression que la ville est à tout le monde, que tous ceux qui veulent venir s'y installer et prospérer y sont les bienvenus. Tout le monde mène sa vie, et chacun "mind his own business".

Par ailleurs, en revenant ici, il m'a fallu me réhabituer avec le célèbre service clientèle local (voire national, car c'est pareil dans l'Hexagone). Parfois, on a l'impression qu'on dérange les commerçants, et que notre fric pue, ne serait-ce que pour acheter un bokit dans une baraque sur la plage. Dans cette autre île, le client est roi, puisque c'est lui qui te fait vivre ! Business is business. Ce fameux tabou français du fric (on a honte de faire du fric) m'exaspère parfois...

Cela dit, j'encourage tous les touristes potentiels qui me lisent à venir en Guadeloupe. L'île a besoin du tourisme pour vivre, et l'heure est grave (les touristes ont déserté l'île, de plus en plus de résidents font leurs valises... attention à la fuite des cerveaux et des forces vives...). Pendant mon séjour là-bas, j'ai pu lire à loisir des guides touristiques (le Fodors et le Frommers) sur les Caraïbes (les guides sont de gros pavés de 800 pages sur toutes les îles des Antilles sauf Haïti (trop dangereux !), Cuba et Porto-Rico (ont leur propre guide)). La Guadeloupe et la Martinique y étaient traitées. Les guides en disaient plutôt du bien, mais pour attirer la clientèle Nord-Américaine (grande pourvoyeuse de billets...), il faudrait faire de gros efforts pour se mettre au niveau d'autres îles de la Caraïbe : accueil, aménagements touristiques, véritable politique de port de croisière, propreté...

En espérant que le L-Ka-tout-Pété ne va pas s'obstiner dans ses méthodes pour cette rentrée capitale.

29 juillet 2009

Le Siècle des Lumières.

Dernier roman lu, par le Cubain d’origine française Alejo Carpentier. Il s’agit en fait presque d’un roman historique. Ici, à la veille de la Révolution Française, Sofia, son frère Carlos et leur cousin Esteban (trois jeunes Cubains de La Havane) sont amenés à rencontrer Victor Hugues, célèbre négociant marseillais installé à Port-au-Prince, devenu par la suite révolutionnaire. Grand admirateur de Robespierre, il est venu en Guadeloupe en amenant deux choses avec lui : le décret d’abolition de l’esclavage de 1794 et une guillotine qui a pas mal fonctionné à l’époque, place de la Victoire à Pointe-à-Pitre. Il a par la suite été plus ou moins gouverneur-dictateur, favorisant le travail de corsaires guadeloupéens sur les bateaux anglais, espagnols et américains (voir à ce sujet l’excellent livre de Michel Rodigneaux, La Guerre de course en Guadeloupe, éd. L’Harmattan). Sous Napoléon, il sera cette fois-ci envoyé en Guyane en tant que gouverneur pour…rétablir l’esclavage !

Cette histoire des trois jeunes cubains croisant l’Histoire de Victor Hugues est donc particulièrement intéressante. Le style de Carpentier est dense et riche, notamment les descriptions, avec très peu de dialogues et une bonne dose de lyrisme. Voici un extrait.

« Ce jour-là vit le commencement de la grande terreur dans l’île. La machine ne s’arrêtait pas de fonctionner sur la place de la Victoire, accélérant le rythme de ses coups. Et comme on était fort curieux d’assister aux exécutions, en une ville où tout le monde se connaissait de vue ou se fréquentait (un tel n’oubliait pas la rancune qu’il portait à tel autre, ou une humiliation infligée…), la guillotine centralisa désormais la vie de la cité. La foule du marché se déplaça vers la belle place du port, avec ses comptoirs et ses fourneaux, ses étalages au coin des rues, ses déballages au soleil, tandis qu’on entendait crier à tout moment, entre deux têtes hier respectées et adulées qui tombaient, les beignets et les piments, le corossol et le feuilleté, la pomme-cannelle et le pagre frais. Et comme cet endroit était propice aux affaires, il se transforma en une bourse provisoire de débris et de choses abandonnés par leurs maîtres, où l’on pouvait acheter aux enchères une grille, un oiseau mécanique ou un reste de vaisselle chinoise. On y échangeait des harnais contre des marmites, des cartes à jouer contre du bois de chauffage, des pendules de style contre des perles de la Marguerite. En un jour, l’étalage de légumes ou la vitrine du colporteur s’élevaient au rang de bazar, d’un bazar terriblement encombré, où voisinaient des batteries de cuisine, des saucières armoriées, des couverts en argent, des pièces de jeu d’échec, des tentures et des miniatures. L’échafaud était devenu l’axe d’une banque, d’un forum, d’un encan perpétuel. Les exécutions n’interrompaient plus les marchandages, les disputes ni les discussions. La guillotine faisait partie désormais de l’habituel, du quotidien. On vendait, au milieu des bouquets de persil et d’origan, de minuscules guillotines-souvenirs que beaucoup emportaient chez eux. Les enfants se creusaient la cervelle pour construire de petites machines destinées à décapiter les chats. »

13 juillet 2009

Les quarts de finale !

Pour ce 100ème post, une excellente nouvelle : les Gwada boys dont je vous parlais dans le post précédent, se sont qualifiés pour les quarts de finale de la Gold Cup. Après avoir battu le Panama 2 à 1, puis le Nicaragua 2 à 0, ils ont été battus par le Mexique 2 à 0. Mais ils ont fini 2èmes de leur poule, réussissant donc à se qualifier.

Pour ce quart de finale, le 19 juillet à Arlington, ils seront opposés au Costa Rica. Les autres quarts de finale sont : Canada-Honduras, USA-Panama et Mexique-Haïti.

Woulo pou la Gwadloup ! Pa moli !

06 juillet 2009

Gold Cup 2009













Depuis vendredi dernier, la Gold Cup 2009 a débuté. Il s'agit de la compétition continentale de football de la zone CONCACAF (Amérique du Nord et Centrale, Caraïbes), qui a lieu non pas tous les quatre ans comme l'Euro, mais tous les deux ans.

Lors de la dernière édition, la Guadeloupe (les Gwada boys) s'était particulièrement illustrée en parvenant dans le dernier carré (avec les USA, le Canada et le Mexique, excusez du peu !). Pour se qualifier pour cette compétition, il faut bien figurer dans la Digicel Cup (coupe caribéenne). La Guadeloupe avait fini 3ème de cette compétition en décembre, derrière la Jamaïque et la Grenade, en battant Cuba aux tirs au but.

Seules 12 équipes sont qualifiées, réparties en trois poules de quatre équipes. Hier, les Gwada boys ont battu le Panama 2 à 1. Jeudi, ils affrontent le Nicaragua, et dimanche le Mexique !

Cette année, la Guadeloupe a perdu plusieurs tauliers : Angloma et Sommeil retraités, et Grandel (ex gardien d'Utrecht, non libéré par Dijon). Par ailleurs, Chimbonda n'a pas été sélectionné. Zubar devait faire parti du voyage, mais je ne sais pas si ça s'est confirmé... Il y a en outre quelques joueurs pros : Auvray, le capitaine, le fameux rasta-man du Vannes OC, Capoue de Nantes...

Alé Gwadloup !

30 juin 2009

Le Cri de l'oiseau rouge

On continue la série "critique littéraire" ! Le Cri de l'oiseau rouge est le premier livre de l'écrivaine Haïtienne Edwidge Danticat. Il a été publié en anglais en 1994, sous le titre Breath, eyes, memory. Excellent travail de recherche sur la traduction du titre...

J'avais déjà entendu parler de cette auteure, et c'est le premier de ses romans que je lis. Il est légèrement autobiographique, puisque l'héroïne, Sophie, est une Haïtienne qui a émigré aux Etats-Unis à 12 ans, tout comme Edwidge. Dans ce livre, nous assistons donc à l'enfance de Sophie dans le petite village de la Croix-des-Rosets avec sa tante et sa grand-mère. Elle est née du viol de sa mère, laquelle est partie vivre et travailler à New York et demande à sa fille de la rejoindre. Sophie part donc à la découverte de sa mère et de ce nouveau pays.

Au niveau de la narration, ce que j'ai trouvé particulièrement intéressant, c'est le fait qu'entre chaque chapitre, il y a une ellipse temporelle (ou narrative) assez importante, parfois même de plusieurs années. Le style de Danticat est très simple (enfin, je n'ai lu que la traduction), limpide et fluide : c'est une langue qui coule de source, un style qui ne s'affole jamais, une narration posée. A travers cette histoire, c'est l'histoire de plusieurs générations de femmes haïtiennes que nous donne l'auteure, et leur combat au quotidien dans cette île qui n'a rien de paradisiaque. Il y est aussi, évidemment, beaucoup question de l'émigration et de l'adaptation à un pays étranger.

En bref, je ne saurais que trop conseiller cette lecture.

24 juin 2009

Chacun son tour

Comme je l'avais dit précédemment, voici le second volume des aventures d'Ange Simeoni par Olivier Arrighi. Et c'est une déception... Autant le premier était divertissant, plaisant et assez prenant, autant celui-ci m'a ennuyé. Alors je ne sais pas si c'est parce qu'il n'y a plus l'impression de la nouveauté (le gendarme Simeoni est fidèle à lui-même, sorte de John McLane corse qui n'évolue pas beaucoup), si c'est parce que l'histoire est à peu près la même (une riche blanche -métro cette fois- se fait sauvagement décapiter au coutelas, et c'est reparti pour une enquête chez les békés), ou bien si c'est l'aspect un peu trop racoleur parfois, avec un style très inférieur... Point positif, j'ai préféré la fin dans ce second volume, même si elle est un peu tirée par les cheveux. Même le cadre de cette histoire (le tour des yoles en Martinique, très célèbre et populaire course de bateau traditionnel) paraît artificiel et inutile (puisqu'il n'a absolument aucune incidence sur le scénario, à part de coincer Ange dans les embouteillages).

Voilà. Et puis pas d'extrait, tiens.

23 juin 2009

Karujet 2009














Chaque année au mois de mars se déroule un événement important en Guadeloupe : la Karujet, une manche du championnat du monde de jet-ski. Cette année, la compétition a eu lieu en juin (du jeudi 18 au dimanche 21) à cause du blocage de 44 jours. Les années précédentes, je ne m'y étais pas trop intéressé, car le fait de mettre une heure pour faire quelques kilomètres autour de la plage principale où cela a lieu m'avait un peu gonflé...

Il y a donc un "village" karujet, avec des stands de partenaires, et des animations. Ce village se trouve sur la plage de Viard, à Petit-Bourg. Cette année, sept courses étaient prévues sur quatre jours : des étapes entre Pointe-Noire et Petit-Bourg, d'autres entre Le Gosier et Saint-François. Et le vendredi soir, il y avait aussi une compétition de free-style à la Darse de Pointe-à-Pitre. Nous sommes allés voir l'arrivée de l'étape Pointe-Noire/Petit-Bourg, ainsi que le village. Quelques photos.

Deux pilotes se tirent la bourre avant l'arrivée.

Un des pilotes dans le paddock, après son arrivée.

Le "village", pas terrible, et écrasé de chaleur !

L'américain Dustin Farthing a remporté la compétition cette année, suivi par un Guadeloupéen et un Saint-Barth. Voici la vidéo officielle de l'édition 2008. Les départs sont toujours très impressionnants.


19 juin 2009

L'Hôtel du Bon Plaisir

En ce moment, j'ai un bon rythme de lecture. La preuve, je viens de finir le dernier Raphaël Confiant, L'Hôtel du Bon Plaisir. Alors, autant je n'apprécie que très moyennement les positions louches de l'intellectuel, autant j'adore ses livres et son style (proche de celui de Chamoiseau, konpè a-y).

Cette fois-ci, contrairement au dernier Chamoiseau, je n'ai pas été déçu. Dans ce roman, l'auteur nous raconte la vie des divers locataires de cet immeuble, ancien foyer pour "dénantis" construit par trois soeurs békées en 1922 dans le quartier populaire des Terres-Sainville à Fort-de-France. Il y a donc une double histoire : celle du bâtiment (il deviendra même bordel durant la Seconde Guerre Mondiale) et celle(s) des locataires. On y retrouve toute une galerie de portraits savoureux : outre les trois soeurs -vieilles filles- békées, il y a Justina Beausoleil la chabine flamboyante, Nini Jolicoeur l'ancienne prostituée mariée à un Marseillais, Victorin Helvéticus l'ancien instituteur friand de citations, Jean-André Laverrière le clarinettiste génial, Romuald Beausivoir "entrepreneur en travaux divers", la famille Andrassamy échappée des champs de canne, Syrien le Syrien, Etienne Beauvallon le bachelier devenu fou, Me Dorimont l'avocat qui se fait payer en nature, Man Florine la truculente marchande de pistaches grillées.

La richesse de cet ouvrage, c'est donc ces histoires qui font l'histoire de cet immeuble sur une trentaine d'années. La narration est particulièrement éclatée, les tranches de vies se mêlant avec des narrateurs différents (narration à la première, troisième et même deuxième personne !), mais on n'est jamais perdu grâce au talent de l'auteur à mettre en scène des personnages attachants, et grâce à ce style que j'apprécie désormais totalement.

Un petit extrait qui m'a particulièrement fait sourire :

"En y réfléchissant, Victorin Helvéticus devait, toutefois, reconnaître, en toute honnêteté, qu'il avait toujours fait preuve d'une trop grande déférence envers le Blanc. Ah, pas celui d'ici ! Non, pas le Blanc créole. La meilleure preuve en était qu'il se fichait complètement des remarques des soeurs de Lamotte au sujet de ses éternels retards de loyer. C'est que ces gens-là ne différaient des gens de couleur que par la couleur justement, la seule couleur ! Sinon, tout le reste était du pareil au même : l'accent, les mimiques, les goûts. Le Blanc créole était prévisible, voilà ! Tandis que son cousin d'outre-Atlantique, le Blanc-France, le béké-France comme le désignait le bon peuple, était un être dont nul ne pouvait deviner les sentiments ou les réactions. Victorin se souvenait encore de son premier inspecteur, un homme charmant originaire d'Angers, qui n'avait de cesse de le féliciter pour ses capacités pédagogiques, qui le notait toujours très bien et qui, du jour au lendemain, devint tout bonnement odieux. Un vrai fauve en cage ! Et la raison de cette ire subite tenait au fait que son protégé, son cher Victorin, s'était placé parmi les meneurs de la grève qui revendiquait l'octroi aux fonctionnaires créoles du supplément de salaire de 40% jusque-là attribué à leurs collègues métropolitains.
- Je vous croyais quelqu'un d'intelligent, fulmina l'inspecteur. Je vous prenais pour un évolué, un être que la langue et la culture françaises avaient affiné, que dis-je, raffiné, et voici que je tombe des nues !
Le béké-France faisait les cent pas dans la salle de classe, salle dans laquelle il avait pénétré sans frapper ni saluer Victorin, face à des élèves à la fois médusés et terrorisés. Chaque fois qu'il voulait souligner un point, il tapait violemment du plat de la main sur l'une des tables, faisant sursauter l'infortuné gamin qui y était assis.
- Comment ne comprenez-vous pas que nous, métropolitains, sommes ici en terre de mission avec toutes les difficultés que comporte un tel sacerdoce ? Difficultés d'adaptation à un climat somme toute peu clément, difficultés d'accoutumance à une cuisine non seulement trop épicée, mais qui utilise des légumes inconnus du palais européen et difficiles à digérer, difficultés de compréhension de votre patois créole que rien, semble-t-il, ne parvient à éradiquer, sans parler de vos moeurs pour le moins bizarroïdes..."

13 juin 2009

Distillerie Bologne

Ce matin, après plusieurs tentatives ratées, nous avons pu visiter la distillerie Bologne, située entre Basse-Terre et Baillif. Nous y étions déjà allés il y a quelques semaines, mais avions dû repartir sans faire la visite suite à une dispute entre l'employée et la patronne... Puis, lors de notre deuxième tentative, nous avions appris que les visites étaient suspendues à cause de travaux (je n'avais pas téléphoné....). Mais aujourd'hui, tout allait bien, pas de problème. Nous n'avons même pas payé la visite guidée car elle était effectuée par une jeune stagiaire.

J'ai déjà visité plusieurs distilleries (Longueteau à Capesterre, Bielle et Poisson à Marie-Galante), mais jamais pendant la période d'activité. C'est désormais chose faite.

Il faut savoir qu'en Guadeloupe, il y a deux camps opposés : les consommateurs de rhum Damoiseau (les habitants de la Grande-Terre) et ceux de rhum Bologne (les habitants de la Basse-Terre). Un des grands conflits de l'histoire de l'humanité...

Pour le côté historique, les actuels propriétaires sont les descendants du très célèbre compositeur/escrimeur Chevalier de Saint-Georges (dont le nom était Joseph Bologne). On peut le voir donner un cours de musique à Marie-Antoinette dans le récent film du même nom.

Alors, pour faire très vite et très schématique pour la fabrication du rhum (procédé inventé par le non moins célèbre Père Labat, un saint homme) : les cannes sont coupées (parfois encore à la main, mais surtout par machine) à partir de janvier (début de la saison sèche, les cannes se sont bien gorgées d'eau et de soleil, leur teneur en sucre est optimale), puis broyées. Le jus (appelé vesou) est ensuite fermenté, distillé pour obtenir un alcool à 75° (voire 90°, je l'ai goûté ce matin, ça pique la langue...). Puis, il est ramené à 50° (ou 55, voire 59 à Marie-Galante). Les résidus de canne (la bagasse) servent à alimenter une chaudière pour produire de l'énergie et faire fonctionner la colonne de distillation. Le rhum ainsi produit (appelé rhum agricole) reste dans des cuves en inox pour le rhum blanc. Pour en faire un rhum ambré (ou paille), on le fait vieillir en fûts de chêne. Pour obtenir le rhum vieux, il doit rester au moins trois ans dans ces fûts.

Voici quelques photos de la distillerie.

Tout d'abord, le bâtiment administratif (la boutique se trouve de l'autre côté) qui date d'il y a plus de cent ans et qui a été restauré.

Derrière ces bâtiments, les champs de canne s'étendent le long de la route qui mène à Saint-Claude. La Soufrière est en arrière-plan, sous les nuages.

Ici, le tracteur met les cannes sur le tapis roulant pour le broyage.

Le futur rhum passe par ces colonnes de distillation.

Les champs de canne, la mer des Caraïbes, depuis l'étage de la distillerie.

Vue d'ensemble de l'usine.

L'entrée du domaine (ou la sortie, c'est selon).

A noter, une nouveauté dans la gamme des rhums Bologne, un rhum vieux (ils ne faisaient que du rhum blanc et du rhum ambré jusqu'à présent), une cuvée spéciale intitulée "Chevalier de Saint-Georges". Vraiment excellent.

10 juin 2009

Le relais du 27 mai

Comme je le disais précédemment, cette année encore, j'ai participé au Relais Inter-entreprises avec mon collège. Nous nous étions alliés avec le collège Maurice Satineau de Baie-Mahault, pour avoir 21 relayeurs motivés, surentraînés, et au top de leur condition physique. Nous avions fait un relais blanc début mai, qui s'était bien passé, et lors duquel nous avions vu qu'il faisait plus chaud en Grande-Terre qu'en Basse-Terre ! Mon relais en particulier, le n°11 à Petit-Canal à 9h30, était beaucoup plus dur que celui que j'avais jusqu'à présent (je courais à 7h30). Ce relais blanc était aussi l'occasion de nous rencontrer et de repérer notre terrain et notre parcours. Cela m'a été particulièrement utile, puisque si vous regardez en détail la carte que j'ai mise dans le post de janvier (voir lien ci-dessus), mon relais a pour point de repère "sous le flamboyant". Or, le jour du relais blanc, j'arrive à peu près là où devait se situer mon point relais, et pas de flamboyant... après plusieurs minutes stressantes de recherche, je suis tombé sur un habitant qui m'a dit que le dit flamboyant avait été coupé quelque temps auparavant... le bon vieux gag, quoi ! Il restait la souche...

Le jour du relais (27 mai), c'était la grosse organisation. Nous avions les débardeurs de notre team, et devions apporter quatre épingles à nourrice pour fixer notre dossard (donné par l'organisation). Il fallait donc arriver largement en avance, pour éviter de se faire coincer par les coureurs sur la route, et pour trouver où se garer.

Je suis assez content de mon relais (j'ai perdu 3 places, j'en ai gagné 2 et n'étais pas loin derrière un coureur qui m'avait doublé). Nous avons fini 29èmes sur 54. Une petite déception, puisque l'an dernier, 22èmes sur 72, et il y a deux ans, 33èmes sur 72. Mais bon, c'était un nouveau parcours, nous avions de nouveaux coureurs... On espère faire mieux l'an prochain ! Voici le classement final officiel :

1 SODIAL NOUY/EXOCET
2 DPRG( Conseil Général)
3 DESTINATON MARIE GALANTE
4 CH MONTERAN
5 MOUN ZABYM
6 SDIS
7 2 ème RSMA
8 KARUGLACE/GARAGE PLAIDEUR
9 VILLE DE BAIE MAHAULT
10 EXPERT COMPTABLES
11 BIOMETAL
12 CENTRE PENITENTIAIRE
13 BLANDIN
14 DESIRADE CŒUR DES ILES
15 41 ème BIMA
16 COLLEGE E YSSAP
17 VILLE DE PETIT BOURG
18 LPO BAIMBRIDGE
19 SGEC
20 VM MATERIAUX
21 GENERALE DES EAUX
22 GENERALI
23 SCEP
24 SICA DES PRODUCTEURS DE GPE
25 LAFARGES CIMENTS ANTILLAIS
26 COLLEGE DES ROCHES GR
27 VILLE DE ST FRANCOIS
28 LA POSTE
29 COLLEGE ST RUFF/M SATINEAU
30 INRA
31 IUFM
32 HYPER CARREFOUR
33 EDF
34 AAEA / KAHMA
35 VILLE DE PAP
36 CH M SELBONNE
37 LGT BAIMBRIDGE
38 DTEF/DSDS
39 CH BEAUPERTHUY
40 RFO
41 RECTORAT AMAG
42 CAARUD / FLE A MANGO
43 CGSS
44 CMA CGM
45 GTM
46 AIR France
47 SEMSAMAR
48 BNP
50 CREDIT AGRICOLE
51 SGBA
52 GMA
49 ATSCAF
53 ONF/FOS NATIREL
54 France TELECOM -ORANGE
55 MAC DONALD'S

Pour une fois, ce n'est pas la SOCREMA qui a gagné, puisqu'ils avaient déclaré forfait (un nouveau point de règlement les empêchait de recruter leurs mercenaires comme d'habitude...).

Votre blogueur, en plein effort par 32° à l'ombre...

09 juin 2009

Le Chamoiseau nouveau

Je viens de finir le dernier Patrick Chamoiseau, intitulé Les neuf Consciences du Malfini. J'attends chaque nouveau livre du Cham avec une impatience non feinte, depuis le choc initial de Texaco. Je l'ai donc acheté les yeux fermés lorsqu'il est sorti il y a quelque temps. Déjà, le pitch me plaisait bien : un malfini atterrit dans le jardin du Cham, et commence à lui raconter sa rencontre avec un colibri... Alors, petite précision : en Guadeloupe, un malfini est une frégate, oiseau marin dont le plumage n'est pas étanche, bizarrement, et qui ne peut donc pas se mouiller mais doit quand même manger son poisson ! On l'appellerait "malfini" car sa queue est coupée en deux, mal finie (dixit la marchande de bokits du débarcadère de Grand Bourg à Marie-Galante). Mais visiblement, en Martinique, a pa menm biten menm bagay : le malfini est un petit rapace, une sorte de buse. Je ne sais pas comment on l'appelle en Guadeloupe.

Le dit malfini raconte donc sa rencontre avec Foufou, un colibri téméraire. A travers son observation de ce petit oiseau si particulier, le Malfini prend conscience de l'altérité, de sa propre insignifiance, de sa vanité. Cette observation l'amène aussi à réaliser que de nombreux changements se produisent sur Terre (le réchauffement climatique). A travers ce récit, c'est à toute une réflexion philosophique et écologique sur le vivant et sur l'autre que se livre Chamoiseau.

Malheureusement, je n'ai pas trop accroché à cette histoire... le style est moins flamboyant qu'auparavant, et je trouve que le récit tourne un peu en rond. Au début, on ne sait pas trop où il veut en venir, et une fois que l'on a compris, on se lasse un peu. Il y a tout de même quelques passages bien agréables :

"Loin de se décourager, le satrape de Rabuchon mit en oeuvre une telle entreprise de dénigrements que les colibris les plus inquiets, et donc les plus crédules, finirent par considérer Foufou comme l'archange du malheur. Il y eut de nombreux tombereux d'insultes que je ne fus pas en mesure de déchiffrer. Comparé à la langue divine de la famille des aigles, le langage des colibris est quelque peu sommaire. Je crus tout de même entendre que les plus excités l'accusaient d'être à l'origine de la mort lente qui ruinait Rabuchon, de prendre un plaisir honteux à outrager le corps de ses victimes. Ce ne furent plus seulement les colibris qui entreprirent de le poursuivre mais toutes qualités de bêtes-zorey, rates, zagayak, chenilles-trèfles, sucriers, merles, cicis, aigrettes, siffleurs, guêpes et abeilles rescapées, auxquels on pouvait ajouter quelques loques de fourmis-manioc, vers-coco, zandolis et consorts... Une coalition d'éclopés survivants se ligua contre lui. Elle bravait ses ripostes pour tenter de le frapper du bec, de l'aiguillon ou de la mandibule. Elle rêvait de lui infliger un vieux cocktail de leurs venins conjoints. Le petit maître devait passer plus de temps à repousser des agressions qu'à explorer le lourd mystère de la mort lente... C'en était révoltant de le voir s'évertuer malgré tout, sans rage, sans haine, sans amertume, avec juste son inflexible obstination opposée à leurs flots de bêtises..."

31 mai 2009

Chabine

Depuis quelques semaines, nous avons plus ou moins adopté une chatte toute mimi, qui était un peu sauvage quand elle venait de naître. Mais elle s'est enhardie, et est venue nous rendre visite. Nous avons donc commencé à lui donner à manger, et maintenant, bien sûr, elle reste chez nous, dormant sur le paillasson, jouant à mordre les tongs et les pieds des chaises. Au début, on croyait que c'était un mâle, on l'avait donc baptisé "chabin", vu qu'elle a le pelage clair et les yeux bleus. Mais en fait, c'est une chatte, on l'a donc rebaptisée "chabine"...

cat from DAN MAT on Vimeo.

22 mai 2009

Pas de vagues au Cap-Est

Allez, après plusieurs ouvrages de littérature ou d'économie, un peu de lecture détente. Je viens en effet de finir Pas de vagues au Cap-Est d'Olivier Arrighi. Il s'agit d'un polar tropical mettant en scène Ange Siméoni, lieutenant de gendarmerie blasé, corse et fin négociateur, enquêtant en Martinique (il est dans la gendarmerie du François). J'avais vu récemment des articles à propos de son second polar, toujours avec le même personnage. Cela me paraissait intéressant, j'ai donc acheté le premier volume, paru en 2007.

Dans ce premier livre, Ange traque les meurtriers d'un couple de Békés que l'on retrouve mort, baignant dans une mare de sang un matin (on retrouve toujours les victimes "un matin"...).

Petite explication : le Cap-Est est une sorte de "béké-land" situé sur la commune du François : les grandes familles békées se sont regroupées sur ce cap. L'équivalent de l'Ilet Boissard chez nous, en Guadeloupe, en beaucoup plus important bien sûr.

L'enquête est plutôt bien ficelée, pas trop compliquée à suivre (en général, j'ai du mal à suivre les enquêtes des polars -livres ou films-, c'est pourquoi je m'en méfie énormément...), et assez drôle. Le lieutenant corse est en effet plein d'humour, et nous donne ses commentaires sur la société martiniquaise, les Antillais, les Métros, les ministres venus exprès pour une journée... Tout cela est très bien vu. Bon, le livre s'adresse plutôt à un lecteur métro, c'est ça qui est un peu dommage (même si ce fut plus facile pour moi de m'identifier au personnage). Mais en même temps, l'auteur a créé ce personnage d'après son vécu, donc...

Petite déception, la fin, qui m'a laissé sur ma faim. Bon, le dénouement du Crime de l'Orient Express m'avait aussi déçu. En tout cas, cela se laisse lire très facilement, et l'intrigue, tout comme le personnage principal et ses problèmes personnels, est prenante. Bientôt le deuxième volet des aventures d'Ange Siméoni...

Un petit extrait assez savoureux, lors de l'enterrement des victimes :

"Parmi les participants, les métropolitains en chemise faisaient tache dans une église où tous les hommes étaient en costume. Les Martiniquais disposent tous d'au moins un costume foncé pour les enterrements, quel que soit leur statut social, leur âge ou leur couleur. Il est vrai qu'aux Antilles, les cérémonies religieuses marquent profondément la vie sociale des communautés et justifient chacune une tenue appropriée : costume gris pour les mariages, bleu foncé ou noir pour les enterrements.
[..] Au bout d'un quart d'heure, déjà, ceux qui avaient sorti la totale -soit l'ensemble costume-cravate- se demandaient comment ils allaient faire pour tenir. Les premiers mouchoirs se mirent à éponger les fronts en sueur au bout de vingt minutes. La première veste tomba moins de quatre minutes plus tard. Le ministre donna l'exemple en restant stoïque jusqu'au bout, ainsi que la plupart des békés et autres Antillais, habitués à ce genre de supplice. Chacun des vaillants résistants perdit trois ou quatre litres d'eau, immédiatement absorbée par les vêtements qui séchaient sur pied au fur et à mesure. Les femmes, vêtues de robes légères, tiraient remarquablement leur épingle du jeu.
[...] Il profita de l'heure qu'il avait à tuer pour regarder sortir de l'église les pingouins tropicaux. Habitués à l'air conditionné, tous suaient comme si on les avait arrachés à leur banquise. Ils se précipitaient aussi vite que la bienséance le permettait vers leur 4x4 afin de pousser leur climatisation au maximum et d'attraper un rhume. Demain, les pharmacies vendraient probablement plus de sirop contre la toux que de Biafine."

15 mai 2009

Le d'Arbaud fait long feu...

Le cinéma le d'Arbaud, cinéma de Basse-Terre, vient de fermer ses portes dimanche dernier, pour cause de non-rentabilité... Il y avait deux salles, dont l'une assez grande (avec étage et tout). Bon, ils passaient principalement des films commerciaux, et en VF, mais ce cinéma avait le mérite d'exister, en plus des quatre salles de Pointe-à-Pitre. Alors, il y a bien eu une pétition sur internet, mais la fermeture s'est faite en présence de "manifestants" et de Victorin Lurel, président du Conseil Régional. Il se pourrait que le cinéma rouvre grâce à des fonds publics (encore...). Alors à qui la faute ? Aux habitants de la Basse-Terre, qui ne vont pas au cinéma et préfèrent regarder la télé ou télécharger des films illégalement ? Aux gérants, qui n'ont pas su insuffler une politique à même de satisfaire un public qui existe ? Toujours est-il que la dernière page de France-Antilles fait peine à voir... Comme l'a signalé le journaliste de RFO, Basse-Terre est la seule capitale des Caraïbes à ne pas avoir de cinéma... Kilti, kilti, ola ou kay ?

12 mai 2009

L'Iguane Café

Je viens de m'apercevoir que je n'ai pas encore écrit de post à propos de gastronomie... Voici donc un post spécial "fooding" (je déteste ce mot...).

Dimanche, pour fêter dignement l'anniversaire de M., nous sommes allés à l'Iguane Café. Ce n'est pas ce que l'on pourrait appeler une "grande table", mais c'est tout de même une excellente table, avec une cuisine originale. Le restaurant se trouve au lieu-dit "la coulée", à la sortie de Saint-François, sur la route de la Pointe des Châteaux. L'extérieur de la salle n'est pas terrible, et c'est en bord de route...

L'intérieur est beaucoup plus mignon, tout en bois avec une charpente créole classique en étoile, et des peintures de couples de danseurs. Bien sûr, de nombreux motifs d'iguane apparaissent çà et là.

Allez, passons au repas ! Comme apéritif, nous avons pris une flûte de champagne, punch pétales de rose, grenadine. C'est très joli, et délicieux.

Après avoir passé commande de nos entrées et plats principaux, le serveur nous a amené un petit mets pour nous mettre en appétit. Il s'agissait d'une petite salade de crevettes.

Pour les entrées, j'ai pris des "tulipes de fromage de chèvre et de magret fumé aux épices à la compotée de figues poivrées, petites salades de feuilles d'herbes aux noix". Très bon...

M. a pris du "thon cru au sésame torréfié et tartare fumé, lait de mascarpone foisonné au wasabi, roulé de choux de Chine à la menthe et cinq épices d'Asie".

Pour le plat principal, je n'ai pas pu résister au "poulet croustillant au sésame, chutney et mesclun au vinaigre de mangue, riz basmati". Je suis encore tout tourneboulé par le chutney de mangue...

Quant à M., sa "cuisse de lapereau à la crème de gingembre et ananas frais poêlé au curry, écrasé de patate douce, jus à la graine de moutarde" ne lui a pas permis de prétendre à un dessert...

Et là, la question fatidique se pose : "et toi, vieille canaille, t'es-tu laissé tenter par un dessert?". Question toute rhétorique...

Voici la "verrine d'arabica au lait mousseux de mascarpone, brisure de biscuit au café, meringue et pépite de cacao, crème émulsionnée au Bailey". Sans commentaire...

Pour digérer tout ça, une petite sieste sur la plage de l'Anse du Mancenillier, juste en face.

06 mai 2009

Les îles à sucre

C'est le titre du livre que je suis en train de lire. Alors, ce n'est pas de la littérature, c'est un livre de socio-économie par un universitaire martiniquais (Jean Crusol). Comme l'indique le sous-titre, il étudie l'évolution économique de différentes îles productrices de sucre (les îles de la Caraïbe, la Guyane/Guyana/Surinam, Hawaii, Réunion, Maurice) depuis les débuts jusqu'à nos jours ("de la colonisation à la mondialisation"). Alors, c'est super bien documenté, et très bien expliqué. On comprend des tas de choses sur les situations économiques disparates actuelles, mais aussi sur l'histoire de ces pays (notamment Cuba). Bon, c'est un gros pavé, et faut pas avoir peur des chiffres et des tableaux, mais rien de très compliqué (les explications sont vulgarisées, et il se répète souvent).

Point noir : c'est très mal édité, y'a des fautes énormes partout, des mots qui manquent... A un tel niveau, c'est plus des fautes d'inattention, c'est de l'incompétence de la part des correcteurs... Et peut-être aussi un mauvais niveau en orthographe de la part de ce cher universitaire... Comme quoi...

27 avril 2009

Blog update

Eh oui, comme vous pouvez le constater, le Gwada blog fait peau neuve ! Après presque trois ans de ces horribles pois, il était temps d'avoir un look plus moderne, plus "in", plus aware of the 21st century. A l'approche de la deuxième décennie du deuxième millénaire, il le fallait. M. a énormément participé à ce relooking, il faut dire la vérité... J'ai encore quelques petites modifications à apporter (principalement du texte qui s'est déplacé durant le changement), mais dites-moi ce que vous en pensez.

22 avril 2009

On ti tsounami ??

Voici la une du France-Antilles d'aujourd'hui...


L'effondrement d'un volcan éteint du nord de la Dominique pourrait causer, selon une étude d'un spécialiste britannique, un tsunami de 5m qui viendrait frapper les côtes de Guadeloupe, de Basse-Terre à Saint-François...

L'article précise aussi que l'île de Montserrat pourrait faire de même, et que de petits tsunamis ont été vus à Deshaies lors des éruptions précédentes. Un spécialiste antillais rassure tout de même en disant que tous les volcans sont très surveillés, à la moindre fissure près. Mais bon, en cas de séisme... Tous aux abris !

13 avril 2009

Fête du crabe

Hier, dimanche de Pâques, a eu lieu la 17ème édition de la Fête du Crabe à Morne-à-l'eau. C'est une manifestation culinaire très réputée, mais je ne m'y étais jamais encore rendu. C'est donc avec enthousiasme que nous y sommes allés.

Il s'agit de plusieurs stands qui proposent des plats locaux à base de crabe : le matété (crabe dans riz), le calalou (crabe avec feuilles de madère), les dombrés (boulettes de farine au crabe) et le colombo (de crabe...). Il y avait aussi du crabe farci, et les traditionnels desserts sucrés (sinobol, pistaches grillées, sorbets coco...). Outre ces stands de dégustation, il y avait aussi un podium, une sorte de scène, avec différentes animations et hommages : danses (biguine principalement), concerts de groupes locaux, et divers concours : celui du plus gros crabe, celui du plus rapide attacheur de crabes, celui qui consiste à supporter la douleur des pinces le plus longtemps possible, la course de crabes... Plein de choses très marrantes, donc ! Allez voir le programme sur le lien hypertexte plus haut...

La météo n'était pas très favorable, nous avons eu quelques gouttes de pluie. Heureusement, nous avions pris le grand parapluie, tant pour la pluie que pour le soleil qui tabassait pas mal... Il y avait pas mal de touristes tout blancs, tournant au rouge hommard...

Tout de suite, des photos.

Pour commencer, une vue de l'église de Morne-à-l'eau. La messe pascale y était célébrée, messieurs et dames ayant revêtu leurs plus beaux atours. Cette église a été conçue par Ali Tur, le célèbre architecte venu tout reconstruire dans les années 30.
Voici ensuite une vue du podium, avec le groupe Zikak 2000 dans une démonstration de quadrille.
Nous nous sommes installés sous des tentes avec tables et chaises prévues pour manger. Voici une photo de notre matété et notre crabe farci.
Ensuite, une photo des allées pleines de monde. La fête avait lieu sur la place principale du bourg (place Gerty Archimède).
Au détour d'un stand, nous avons aussi vu cette espèce de petite scène, avec des pièges à crabe traditionnels. Le truc drôle, c'est qu'il y avait des noms sur ces pièges : Gillot et Lurel sur l'un, LKP et Domota sur un autre, Koury sur un troisième, Jégo et Desforges sur un quatrième, et enfin Angèle sur le dernier ! Tous les acteurs du récent conflit... mais pas tous dans le même panier de crabes !
Enfin, sur le chemin du retour (nous nous étions garés assez facilement à l'entrée du bourg), petite photo du cimetière local, le plus réputé de Guadeloupe avec ses jolies tombes à damiers.